Le cheval de trait au Mont-Saint-Michel


* Deux phares dans la nuit se sont éteints :
   Un retour dans la vie active des chevaux de trait se heurte à beaucoup de difficultés.
   Ces difficultés sont de plusieurs ordres : élevages, organisations, parasitismes/opportunismes, malfaçons, incompétences.  


* Les splendides équipages du Château de Versailles :
   Notre pays emplit d'un passé historique à tendance à oublier qu'il recèle toujours tout un ensemble de trésors qui ne demandent qu'à être pris en considération et à être mariés harmonieusement ensemble.
   Il y a eu une tentative de faire revivre les fastes équins passés qui ont ponctué certaines réunions festives des siècles passés.
   Les dépendances du Château ont été parcourues par des calèches de styles. Elles sont conduites par du personnel en tenue et tractées par les chevaux qui présentent les tournures les plus chics et les plus variées au monde.
   Je viens de citer la formidable diversité des formes et couleurs proposées par les neuf races de chevaux de trait français.

Louis XIV en serait jaloux.

   La note artistique donnée est un 19/20 avec nos compliments.
   La clientèle a été également enthousiaste. Les chevaux ont eu du travail.
   Et c'est là que la méconnaissance de ce qu'il est nécessaire à un travailleur de force, s'est brutalement fait remarquer. Au bout de deux jours, tous les chevaux étaient hors course, tétanisés par les effets pernicieux d'une courbature générale.

- Les balaises sont des mauviettes.
   Le tableau s'est ensuite assombri avec un mauvais contact avec la direction du château. Puis les effets d'une gestion calamiteuse ont amené la mise en faillite de l'écurie. Les chevaux ont été remplacés par des voiturettes électriques. C'est moins historique, mais cela fonctionne.
   Il faudra attendre l'oublie de cet épisode douteux pour éventuellement en relancer cette bonne idée.
   Il faudra un état-major connaissant les limites des chevaux de trait et également bon gestionnaires.

Le cheval a loupé une présentation d'une capacité professionnelle qui aurait pu être copiée ailleurs. C'est hélas une impossibilité que l’on se rappelle.

* Les chevaux de trait du Mont-Saint-Michel :
   La société TRANSDEV a créé un service de ramassage des ordures ménagères dans la ville d'Hazebrouck. Cette opération est tout à fait remarquable puisqu'elle utilise comme moyen de traction , des chevaux de trait. A Hazebrouck ce sont des Trait du Nord qui ont été sélectionnés.
   Elle a cherché à améliorer les points qui par ailleurs pénalisent gravement les expérimentations plus anciennes : les excès de poids.
   L’entreprise a fait construire une benne polyvalente avec des matériaux légers. Cette pratique moderne nécessite l'usage de techniques plus compliquées à mettre en œuvre.
   L'expérience d'Hazebrouck utilise qu'un seul cheval. La zone desservie ne comporte aucune pente à gravir. Cette particularité limite considérablement l'obligation d'avoir à disposition une réserve de puissance. Toute pente aussi légère soit-elle nécessite une capacité de traction supplémentaire conséquente. Un deuxième cheval tracteur devient donc indispensable pour gravir la moindre pente. Cela double les frais de traction.
   Reste à dupliquer le service ailleurs pour rentabiliser l'idée et commencer à amortir les frais de conception assez élevée de la remorque.
   Suite à cette première étape, TRANSDEV a voulu améliorer ce qu'elle pensait être une nouvelle spécialité à la mode.
   Dans la nuit intersidérale, une application de prestige allait naître dans un lieu très connu et abondamment visité : le Mont-Saint-Michel.
   L'abondance excessive du nombre de visiteurs du Mont et son caractère naturel doivent être défendus. Un nouveau dispositif à donc été mis en place.
   Les zones de stationnement ont été éloignées des zones touristiques. Le transport est assuré par des véhicules de transports en commun spécifiques.
   Un service complémentaire a été imaginé qui mettrait en valeur une traction par cheval de trait moderne. TRANSDEV en est l'organisateur central.
   Tout ce qui concerne les activités du Mont-Saint-Michel nécessite l'avis et collaboration d'une série d'organismes publics et privés. Rien n'est simple, il faut satisfaire à toute une série de conditions et contrats.

- Quelques chiffres : 32 chevaux. Durée moyenne journalière du travail par cheval 2h30.
   Après enquête la Lettre a déterminé qu’en culture, un cheval de trait au préalable bien entrainé physiquement peut travailler 4 heures, bénéficier d’un repos de la même durée et pouvoir travailler encore quatre heures.
   Huit heures de travail sur terrain plat contre 2h15 de traction dans les champs. Il y a là une différence contradictoire avec l’affirmation de certains bavards qui parlent d’un colosse dont certains seraient en marbre blanc.
   Jamais une opération ayant une telle envergure n'a été lancée. A la Lettre nous sommes très intéressés par la suite des événements. Et des événements, il va y en avoir.

 

- Véhicule moderne ergonomique, trois p'tits tours et puis s'en va :
   La première version de ce que l'on a baptisé « Maringote » a un aspect extérieur synchrone avec les autres transports en commun. Ils disposent d'un plancher bas.  La Maringote est haussée avec un étage en impérial. L'ensemble permet d'accueillir 28 personnes. C'est enfin, une première ébauche d'un moyen de transport en commun du 21éme siècle pensé pour une traction équine.
   Cette ébauche, à notre avis, prenait en compte plusieurs critères actuels bien établis. Le plancher bas complique la construction et la résistance générale du véhicule. Cette technique est parfaitement maîtrisée par nos constructeurs d'autobus. Le rajout d'un étage n'offre pas une difficulté supplémentaire. Il participe à la rigidité générale du véhicule.
   Cet ensemble permet de transporter un nombre conséquent de voyageurs payants. Il leur offre la possibilité d'un accès aisé et une partie abritée. Enfin l'étage permet une vision circulaire exceptionnelle à bord du véhicule en marche.
   Tout cela participe à la qualité du transport proposé. Il permet de justifier un prix que le touriste trouvera systématiquement trop élevé.
   Cependant, il a eu une carrière très courte. Des malfaçons trop importantes ont rendu impossible un service normal avec du public à bord. Véolia n'a pas choisi le bon constructeur.
   L'ouverture a été retardée d'un an avec des indemnités de retard en conséquence.

- Véhicule moderne des siècles derniers :
   Il n'y a pas d'autre possibilité de substitution que par un véhicule d'une autre facture. Pour interrompre cette coûteuse panne, Transdev s'est rabattu sur un véhicule plus classique dont la conception correspond à l'époque de son utilisation ancienne. La Maringote II ressemble plus au véhicule régional dont elle à repris le nom une seconde fois. Il ne faut pas s'en féliciter car ce remplacement correspond à un très coûteux échec ponctuel. Cette grave erreur aura une retentissante répercussion sur le développement espéré d'une machinerie moderne et adaptée aux chevaux de trait. C'est une condition obligatoire pour en espérer un succès.
   Les nombreux visiteurs du 21éme siècle qui viennent du monde entier voir le Mont auraient pu voir un ensemble moderne cohérent utilisant un animal que la majorité ne connaît pas. Cette réalité aurait concouru à amortir les frais conséquents de cette réalisation.
   A la place, il leur faut crapahuter pour se hisser sur un véhicule qui comprend en fait qu’un plateau agencé.
   Le maximum de 18 personnes transportées par rotation est bien moindre que les versions précédentes. Quant à la renommée, elle aura été en permanence négative.
   Ne quittez pas la lecture, les nuisances continuent des le prochain alinéa...

- Pour bien exercer, il faut bien apprendre son métier :
   La Lettre depuis les 12 années qu'elle accompagne la vie mouvementée des chevaux de trait n'a eu de cesse que de demander une amélioration de toutes les formations professionnelles qui concernent les chevaux de trait.
   Nous ne sommes pas les seuls à trouver l'autosatisfaction comme étant peu efficace.
   Les activités professionnelles des chevaux de trait n'existent pratiquement pas.
   La totalité des activités actuelles appliquées aux chevaux de trait va pour la plupart devoir être revue, jugée et profondément modifiée.
   Cette remarque comprend le point de départ : l'élevage et la sélection des chevaux de trait.
   Elle concerne également tout l'accompagnement technique qui n'est actuellement non conforme.

- Accident banal au Mont :
   A l'occasion du croisement d'une balayeuse et d'un équipage à l'entraînement qui circulait à vide, un des chevaux a pris peur et à fait sortir l'ensemble de la chaussée pour s'arrêter dans le fossé. La tentative de fuite d'un cheval peureux est l'accident type susceptible d'être commis par un cheval. C'est sa nature qui lui commande de prendre la fuite en cas d'une peur. L'éducation préliminaire avant d'exercer une activité publique consiste à modifier les réactions spontanées et connues du cheval afin d'anticiper un accident prévisible.
   La survenue de cet accident à ce moment a été considérée comme une faute professionnelle impardonnable. La Lettre en est bien d'accord. Cela a déclenché l'intervention d'une commission de vérification composé de personnalités compétentes fournies par l'I.F.C.E. (1) provenant du Haras national d'Hennebont, le Syndicat National des cochers professionnels et en présence de représentants élu régional, Syndicat mixte du Mont et TRANSDEV.
   On ne peut pas trouver plus professionnel.

- Évaluation des chevaux :
   Les chevaux ont été évalués au Mont. Il a été testé la qualité de l'éducation qui consiste à éliminer certaines réactions naturelles des chevaux en présence d'activités rencontrées sur les lieux de travail. Les qualités d'obéissance des chevaux et d'ordre des cochers ont également été testées.
   Ces tests mesurent des connaissances et choix de chevaux qui correspondent à ce qui devra être exigé de tous travailleurs avec chevaux.
   Sans en avoir l'air, la corporation vient d'effectuer un pas de géant pour conseiller, mesurer, contrôler voir récompenser le travail équin.
   Le résultat a été : 24 chevaux ont été testés. Seuls 12 chevaux ont passé avec succès les épreuves.
   Suivant les commentaires de la commission, ce résultat ne présume pas d'une incompatibilité au travail. Des causes fortuites comme un travail effectué irrégulièrement ou une période sans travail sont des causes de certains mauvais résultats.
   Deux modèles ont été jugés trop grands.

- Évaluation complète des meneurs  dans le seul cadre des activités pratiques du Mont :
   Le cas particuliers du test est la jeunesse des meneurs et des chevaux travailleurs.
   Le comportement d'un meneur récemment qualifié est différent d'un autre qui pratique depuis longtemps.

- Résultats :
- Succès total = 1 meneur.
- 13 meneurs ont réussi l'épreuve du plateau et ont échoué en ville. Ils ont besoin d'une formation complémentaire.
   Celles et ceux qui pensent qu'il suffit de crier « hue » pour faire travailler un cheval en seront pour leurs frais.
   La commission a vérifié le matériel roulant. Je ne ferai aucun commentaire autre, que celui mis en action devrait être que provisoire en attendant une version qui soit le recueil le plus aboutit des techniques. Il doit satisfaire au travail du personnel et au confort et a la sécurité des personnes transportées.

- Dernières minutes :
   L’éleveur qui a fourni la première cavalerie l’a subitement retirée. En réaction, Transdev vient d’annoncer la mise en scène de nouveaux chevaux.
   Qui sont-ils ? Que valent-ils ? Qui les a choisis ?
   Avant de recommencer, il va falloir convoquer à nouveau la commission de contrôle pour donner un quitus technique qui est à notre avis indispensable.

* Conclusion et réflexions :
   Les personnes qui ont effectué les vérifications font toutes parties de la corporation. Ce jugement corporatif n'est certainement pas d'une extrême sévérité. Je connais personnellement plusieurs des participants. Leurs compétences sont une garantie.
   Auparavant notre corporation c’est déjà fait remarquer par d’autres sinistres.

- La déchéance de l’association Traits de Génie.
   La même équipe a récidivé avec une autre association Equiterra, le village du cheval et les Jardins de Syrius.
   On a vu grand. C’est facile quand ce n’est pas ses propres moyens financiers qui sont en jeux.
   Les Jardins de Syrius étaient une bonne idée. Pour réussir, il aurait fallu avoir les compétences et l’expérience d’un chef d’entreprise.
   Tous ces points négatifs prouvent que remettent les chevaux de trait au travail et une tâche très difficile. Il ne suffit pas de les amener dans une rue de la ville et de crier « hue ». Il faut auparavant tout prévoir et tout organiser.
   Cela aurait pu être un socle élémentaire sur lequel appuyer une nouvelle branche d’activités. Elle aurait justifié l’élevage de certains chevaux de trait physiquement et psychiquement aptes au travail.
   Les chevaux de trait à Beauvais, dans la Somme, à Lyon, à Versailles et au Mont-Saint-Michel ont collectionné des échecs.
   Il serait intéressant de connaître les sommes investies dans la conception, fabrication des matériels défaillants, les dépenses de formations des personnels et des chevaux, les indemnités, etc. qui constituent la colonne des pertes financières du cheval de trait au Mont-Saint-Michel.

* Retour au Mont-Saint-Michel :
Côté humain, le personnel salarié est à pieds.
   La suite de ce service reste douteuse.
   La Lettre s’est contentée des faits. Elle s’est abstenue de citer nommément les intervenants. Cet article n’est pas l’utilisation d’un sujet à sensation à des fins publicitaires.
   C’est un constat le plus exact possible qui peut servir à raisonner l’avenir du cheval de trait.
   Dans leur intérêt, il faut stopper en urgence cette catastrophe. Dans la corporation il existe peut-être une (ou plusieurs) entreprise(s) d'élevages susceptibles de pallier une défection pour tenir le rôle méritant du sauveur. Il y a une place à prendre avant un baisser de rideaux qui devrait être définitive.
   A contrario, dans des prochaines Lettre nous vous présenterons des activités qui démontrent qu’il existe encore de l’Or dans l’élevage.

- Notre article sur le cheval sur le Mont-Saint-Michel a généré quelques réactions intéressantes.
   Cette aventure résume à peu près les difficultés qui devront être surmontées pour espérer voir se créer une véritable activité professionnelle utilisant des chevaux de trait et éventuellement d'autres espèces comme tractionnaires.
   C'est le sens de l'article. J'ai pris le temps d'une longue réflexion. Elle a été suivie de compléments d'information en conséquence de l'accumulation d'incidents.
   Un de mes lecteurs m'a signalé que j'ai oublié de commenter les moteurs de l'opération. En clair, les chevaux n'y ont pas l'importance méritée.
   Il a raison, je n'ai pas souhaité que l'élevage soit trop concerné par les tribulations d'une affaire très mal engagée.
   Pour cette même raison, je me suis autocensuré en ne signalant pas qui avait formé le personnel de conduite. Les constats peu flatteurs des contrôleurs méritent quelques précautions réalistes.
   Mes lecteurs ont certainement noté une critique constante sur l'état des formations et leurs conséquences.
   L'enseignement ne peut pas être tenu responsable de ne pas avoir suivi une méthode qui n'existe pas. Il existe une multitude de pseudo formateurs sans compétence. Les centres qui présentent une qualification indiscutable proposent des formations liens les uns avec les autres.
   Cette généralité vaut pour les établissements d'enseignement du Ministère de l'Agriculture dont les prestations sont indépendantes les unes par rapport aux autres.   On peut y rajouter certains établissements privés de qualité.
   La liste est beaucoup plus longue puisque l'on peut y rajouter les établissements de l'I.F.C.E. (1) qui instruisent eux aussi de leurs côtés. Une poulinière n'y retrouverait pas son poulain.
   Il est donc prudent de ne pas éreinter un établissement qui ne dispose pas de toutes les armes nécessaires pour mener à bien son activité et en être responsable.
   La Lettre ne rédige pas des articles pour se faire "mousser". Nous intervenons en réaction à une réalité constatée.
   Il y a donc urgence à faire renaître et activer publiquement le Syndicat des Cochers qui devrait entrer dans la nébuleuse organisationnelle de la S.F.E.T. afin de normaliser l'enseignement qui doit être dispensé aux futurs actifs du cheval au travail.
   Au passage, je vous souhaite bon vent. Le temps de diffusion et les diverses utilisations de la feuille de notation des concours modèles et allure de France Trait est une expérience inoubliable. Là aussi, il y a un manque technique inquiétant.

* Les chevaux :
Les tests ont porté sur 24 chevaux dont voici les résultats :
11 Cob Normand = 6 acceptés, 4 refusés et un blessé.
9 Percheron = 3 acceptés, 6 refusés. 3 Breton = 3 acceptés.
1 cheval de trait = 1 accepté.
Global : 24 chevaux, 13 acceptés, 10 refusés, 1 blessé.

   Si les résultats sont bien meilleurs que pour les meneurs (tous refusés sauf un), il y a beaucoup trop de chevaux qui ont un manque de formation.
   Le choix des races régionales n'attire aucun commentaire particulier.
   Les trois races sont de natures différentes. Elles sont toutes collectivement aptes à effectuer le travail demandé.
   Le Percheron est le tracteur de référence. Le Cob Normand bien que nettement plus léger à au moins les mêmes capacités de traction. Le Breton de par ses qualités, le nombre et les capacités d'une race plus nombreuses, dispose de tous les atouts nécessaires pour donner satisfaction.
   Là aussi, ont pourrait facilement rendre le propriétaire des chevaux intégralement responsable du mauvais conditionnement de ses pensionnaires.
   Il est en cela solidaire de tous ou presque l'élevage qui n'a pas reçu une formation suffisante pour être performante.
   Il est urgent de corriger cette insuffisance en organisant des formations de qualités contrôlées.
   Le Mont-Saint-Michel est simplement le révélateur d'un malaise national. La corporation est infestée par des pseudo formateurs qui dispensent plutôt des déformations.
   Il y a beaucoup à faire dans cette matière essentielle. Un rendez-vous professionnel comme est le salon de Montmorillon manque de persuasion. Ce devrait être le lieu ou quelqu'un qui ne connaît rien au cheval trouve tous les renseignements sérieux pour pouvoir juger en toute connaissance du bien-fondé ou non d'adopter cette nouvelle technique qui n'existe pas encore.

   La collectivité a tout à perdre d'enregistreur les dégâts de faillites d'entrepreneur mal informé.
   J'ai une publicité d'un organisme opportuniste trouvillois qui affirme qu'utiliser le cheval de trait permet de faire des économies. Jusqu'à ce jour, c'est faux.
   La situation pourrait s'améliorer le jour ou une machinerie efficiente sera disponible. Ce qui est loin d'être le cas actuellement.

- Une nouvelle problématique s'ouvre.
   Les chevaux qui ont été jugés ont été retirés.
   Transdev a directement acheté une nouvelle cavalerie.
   On revient au point de départ de la partie traction animale. Quelles ont été les formations physiques et psychiques des nouveaux arrivants ?
   Retour des testeurs pour leur donner le permis de circuler ?
   Attention au sinistre qui va amener une réglementation restrictive.
   Il vaudrait mieux régénérer dans le Code de la route une réglementation préventive.
   Pour faire circuler sur la voie publique un autocar, il faut utiliser un véhicule spécialisé disposant de dispositifs variés obligatoires. Ils visent à garantir la sécurité et le confort des personnes transportées, etc...
   Aux commandes, il y a un professionnel qui dispose d'un permis officiel obtenu après examen.
   Les ennuis des chevaux du Mont-Saint-Michel ne sont pas une surprise chez la Lettre.
   Vue par la Lettre, la problématique actuelle est particulièrement grave. Plus rien ne correspond à une activité moderne adaptée.
   Cela est très grave pour l'avenir des animaux domestiques de traction.

- Perspectives :
   C'est très intéressant pour les intérêts du cheval de trait qu'une grande entreprise privée s'investisse dans des activités de tractions animales le cheval de trait au Mont-Saint-Michel comme à Versailles a un sens.
   Malheureusement, l'opération phare est une catastrophe sans fin. Transdev a débuté avec le ramassage des ordures ménagères à Hazebrouck. Elle y a investi dans la construction d'un véhicule moderne. Logiquement cette entreprise privée aurait dû avoir le réflexe de tenter l'amortissement des frais engagés en vendant un concept nouveau. Sur son site web, il n'y a aucune indication de l'existence de la traction animale. L'opération nordiste est présentable bien qu'il ne répond pas bien à toutes les situations.
   Le cheval de trait en ville tel qu'il est réalisé actuellement n'est pas une nécessité, mais répond à une mode. La mode est par nature versatile. Il faut reconnaître que l'offre est très mince.
   Il existe cependant des réalisations qui sont techniquement intéressantes. L'ennui est que les intervenants sont souvent associatifs. Ce qui fausse les réalités des coûts. L'élevage n'en profite que très peu.
   Il faut imaginer et produire la totalité d'un concept moderne.

Les solutions sont dans une organisation bien éclairée.

- Syndicat National des Cochers et Utilisateurs Professionnels d'Animaux Attelés :
Domaine du Petit Hautier, 76220 Ménerval.
Courriel : contact@syndicatdescochers.fr

(1) I.F.C.E. : Institut Français du Cheval et de l'Equitation.
 

Echos de la Presse

* Navettes hippomobiles "maringotte" RETOUR DES MARINGOTTES AU MONT SAINT MICHEL 18/04/2014
   Les maringotes (voitures tractées par un cheval) reprennent du service pour transporter les touristes du Mont-Saint-Michel. Depuis plusieurs mois, elles sont au coeur d'un litige entre le passeur, l'éleveur de chevaux et le syndicat mixte.
   Il fallait que la situation se débloque. Depuis décembre, un litige oppose la compagnie de transport (la Compagnie des parcs et des passeurs du Mont-Saint-Michel Transdev) et l'éleveur de Saint-Malo-de-la-Lande (Manche) qui fournit les chevaux, NorbertCoulon.
   L'éleveur accusait la compagnie de transport de ne pas bien s'occuper des chevaux et de ne pas avoir de cochers compétents pour les mener.
   Le litige a été porté devant les tribunaux, et d'audience en audience, le contentieux ne fait que grossir. L'éleveur a fini par reprendre ses 32 chevaux, malgré le contrat d'exclusivité qu'il a signé.

   Face à cette situation d'impasse, Transdev a choisi une solution de rechange et a décidé d'acheter elle-même des chevaux. Depuis lundi 14 avril, l'activité a repris.

- Laurent Beauvais s'est fâché
   Il faut dire qu'entre temps, Laurent Beauvais, président du syndicat mixte Baie du Mont-Saint-Michel et président PS de la Région Basse-Normandie, s'est fâché.
   Il a rappelé que le service des maringotes faisait l'objet de contrats qui impliquaient des engagements et qui pouvaient aboutir à des pénalités si Transdev ne respectait pas les dits engagements.
   Une mise en demeure a même été envoyée. Visiblement, elle a fait son effet puisque les maringotes sont revenues.
   Elles sont prévues pour transporter environ 500 personnes par jour.

   Le reportage de Stéphanie Vinot et Gildas Marie (ITW Régina Dutacq directrice Transdev Mont-Saint-Michel, Me Patrick de Fontbressin avocat de Norbert Coulon, Fabrice Vanderschooten responsable des maringotes)

http://basse-normandie.france3.fr/2014/04/17/mont-saint-michel-le-retour-des-maringotes-461611.html
 

* Mont-Saint-Michel : Veolia condamnée à payer 1 million d'euros à un éleveur de chevaux, Le Point.fr - Publié le 30/06/201
   Exclusif. Une filiale de Veolia a été condamnée par la justice pour ne pas avoir correctement formé les cochers qui transportaient les visiteurs sur le Mont.
   L'affaire couve depuis des mois. Norbert Coulon, un éleveur de chevaux, vient d'obtenir la condamnation d'une filiale de Veolia (la Compagnie des parcs et des passeurs du Mont-Saint-Michel) en justice. L'entreprise, chargée de la desserte et du stationnement au Mont-Saint-Michel, a été condamnée par le tribunal de commerce de Paris à verser plus d'un million d'euros au Normand, originaire de Saint-Malo-de-la-Lande. Veolia s'était attaché ses services pour mettre en place un système de navette à cheval - des maringotes - entre le parking et le Mont-Saint-Michel.
   Mais, en décembre 2013, alors que les maringotes n'étaient en place que depuis le mois de juin, l'éleveur refuse de faire sortir ses chevaux de la ferme. La raison ? Les chevaux sont maltraités par les cochers incompétents de Veolia, accuse-t-il. Depuis des mois, Norbert Coulon ne cessait d'écrire à la Compagnie des parcs et des passeurs pour dénoncer le traitement que subissaient ses animaux. Et pointait également des "risques considérables" d'accident pour le public en raison de l'absence de qualification du personnel embauché. "Malgré ces constats et alertes multiples provenant d'un homme de cheval dont la compétence était reconnue [...], Veolia n'a pas cherché à renforcer la formation ou à pallier les carences de ses meneurs", explique le tribunal de commerce.

Veolia menait "les chevaux comme des autobus" (Coulon)
   Depuis des mois, la communication entre Veolia et l'éleveur était devenue impossible. À chaque absence de couverture, à chaque sabot usé, à chaque cheval qui mouchait ou toussait ou quand une boiterie commençait, les entreprises se renvoyaient la balle. "Leurs échanges relevaient d'un dialogue de sourds", note le tribunal.  D'un côté, un homme de cheval reprochant à la compagnie l'incompétence de ses meneurs de chevaux, leur incapacité à "lire les chevaux", considérant qu'ils les traitaient comme des autobus. De l'autre, la société spécialisée dans la délégation de service public évoquant des "obligations de résultat" à la charge de son "prestataire".
   Le tribunal a finalement considéré que Veolia avait manqué à son obligation "de recruter des meneurs et de les former correctement de manière à assurer la sécurité des personnes et la sauvegarde des chevaux". Il reproche également au groupe de ne pas avoir réglé certaines factures. La mésaventure est à ajouter à la longue liste des dysfonctionnements qui pèsent déjà sur les travaux du Mont-Saint-Michel, alors que la fréquentation du site est en baisse et que Veolia a bien du mal à respecter ses engagements.

Dernière mise à jour : mardi 01 juillet 2014