Massanaise

Jeudi 20 juin 2013

* La Massanaise, la vache de race Albera :
  Avec la race bovine Albera, nous avons un sujet qui présente toutes les facettes, les avantages et tout l'intérêt de persister à élever les animaux domestiques qui sont bien intégrés depuis longtemps à leurs terroirs.
   C'est encore plus intéressant quand l'élevage s'effectue dans un contexte où il ne se contente pas d'être seulement une reconstitution arbitraire. Il s'agit ici d'une réintégration d'un pur produit du terroir maintenu dans son milieu naturel originel. Il présente aussi un intérêt économique global indiscutable.
   Cette pratique ancestrale correspond à un cadre géographique et culturel indépendant du zonage politique. La région, c'est la Catalogne française et espagnole. Ce n'est pas une particularité exceptionnelle. Le trait Ardennais est élevé dans les Ardennes. Une partie est en France, l'autre est en Belgique.

- La race Albera est généralement mieux connue en France sous le nom de vache Massanaise.
   Albera provient du nom de la montagne Albera en espagnol ou Les Albères en français. L'ensemble se situant en Catalogne. Massanaise provient de la rivière La Massane dans laquelle les vaches qui se trouvent sur les versants français ou espagnols viennent s'abreuver.
 
- Son type :
   Elle est petite taille avec deux teintes de robes : la negra = robe noire et la fagina (las fagis nom en catalan des fruits du hêtre consommés par cette vache) de couleur paille. Cette dernière est par nature un peu moins lourde que la negra. C'est une vache de montagne qui dispose d'une musculature et d'une ossature en rapport.
 
- L'élevage :
   Les qualités physiques de cette vache bien adaptée à son terroir en font une débroussailleuse très efficace. Cette race domestique n'est pas nourrie. Elle vit en liberté sur son territoire catalan. Elle est donc le vecteur principal qui entretient la qualité des paysages montagneux pyrénéens. Elles s'y déplacent librement suivant la saison et la pousse des plantes qui végètent naturellement dans son microcosme. Elles sont parfois ramenées vers l'homme pour satisfaire aux nécessités d'élevages qui ponctuent leurs existences.
   Le caractère de cette vache est parfois décrit comme agressif. Ceux qui le prétendent ne connaissent pas intimement cette vache. Elle est incitée à charger quand elle a son veau. Cette attitude n'a rien d'exceptionnel. Des races de plaine bien connues ont des réactions similaires. La différence est que l'on retire le veau très tôt. Mon informateur affirme qu'elle est mignonne et douce quand on sait la prendre. Elles sont curieuses et s'approchent pour sentir ou mieux voir.
   La majorité des effectifs est élevée en Espagne où la Generalitat de Catalunya et la Deputatio de Girona financent la sélection génétique afin de remonter la race en Catalogne espagnole.
   En France, actuellement il n'y a qu'un seul élevage en race pure. C'est celui de mon informateur.

- Adaptation à la vie contemporaine :
   La préservation d'un capital vivant hérité du patient travail des générations d'éleveurs anciennes n'est pas une fatalité. Pour réussir, il faut l'adapter aux réalités actuelles.
   La meilleure façon de défendre les intérêts des animaux à faibles effectifs et de leurs éleveurs est de composer avec des réalités contradictoires modernes.
   C'est la production bouchère qui assure cette nécessité.
   Pour en augmenter les rendements, on croise la Massanaise avec des races Limousine et Gascon. Les produits sont plus lourds.
   Mon informateur me signale qu'il parvient à obtenir des veaux purs races d'un poids concurrentiel au croisement. La généralisation de cette qualité si elle et possible est très importante pour l'avenir de la race.
   La viande produite à partir d'une alimentation diversifiée montagnarde est plus ferme et le goût plus affirmé. Une musculature active produit une plus grande fermeté sous la dent.
   En faisant racir et cuire plus longtemps on peut, peut être compenser.
   Les saveurs reflétent la variété de l'alimentation. Les races qui sont exclusivement nourries avec du Ray-gras n'ont pas cette particularité. C'est là tout l'intérêt d'un élevage extensif.
 
- Avenir :
   L'expérience des diverses opérations en court permet une réflexion sur l'avenir possible de cet élevage.
   L'actualité de la vache Massanaise présente de fortes ressemblances avec l'actualité du cheval de race Auvergne, du Pottok, du cheval de trait Poitevin-Mulassier, de la vache Rouge Flamande et à contrario avec le cheval de trait Boulonnais, rien que cela.
   Je ne connais pas ses effectifs totaux exacts. La majorité se trouve en Catalogne espagnole. Ils sont certainement très faibles. La consanguinité va au fil du temps qui passe devenir un sujet de plus en plus important.
   Une bonne entente avec les éleveurs espagnols est indispensable.
   Pour faciliter ce devoir d'élevage, il est également indispensable que les formalités qui accompagnent les déplacements des animaux espagnols vers la France ou l'inverse seront simplifiées.
   Le cheval de race Auvergne a nécessité une patiente recherche des sujets survivants afin de recomposer un troupeau homogène.
   Son élevage répond à des critères qui sont et seront utiles pour toute une série d'activités futures.
   Le Poitevin-Mulassier est devant une réalité contradictoire de devoir augmenter ses effectifs par le poulinage et de produire des mulets qui le contrarient. Quelles solutions satisfaisantes ?
   La vache Rouge Flamande est sur la bonne voie. Elle produit un ensemble de fromages renommés (comme la Villars-de-Lans).

Il est difficile, mais c'est possible de défendre l'avenir d'une race qui supporte un débouché économique.
L'actualité démontre qu'en France cette œuvre nécessite les actions conjointes des organismes qui disposent des connaissances scientifiques, techniques et l'expérience pour soutenir ces opérations.

Ce sont :
- Les Centres espaces naturels et ressources génétiques régionaux.
-.   Il existe F.E.R.M.E., qui est une association très sérieuse qui s'active pour activer et défendre la poursuite ou la reprise de l'élevage de nos animaux domestiques régionaux. C'est elle qui va diffuser cet article.
   Ainsi qu'une publication vulgarisatrice : La Lettre du cheval de trait et des races à sabots à faibles effectifs.

* Contacts :
- Nicolas MIRALLES, 65 avenue du Puig del Mas, B.P.35, 66650 Banyuls-sur-Mer
Tél. : 06 17 90 58 58 nicolas@lamassanaise.fr

- Association pour la Défense et la Promotion des Races Locales en Pays Catalan (ADPRLPC)
Même adresse
http://lamassanaise.fr/adprlpc/Accueil/Accueil.html
   L'association défend outre la vache de l'Albera, la chèvre Catalane et l'âne Catalan.

 

jeudi 27 juin 2013