Fête du cheval d'Aucun


 

Compte rendu des tables rondes 2003

11 ET 12 OCTOBRE 2003  AUCUN, VAL D’AZUN   (HAUTES PYRENEES)

- Utilisations et perspectives du Cheval de Trait en France et en Europe
- Témoignages sur l’utilisation du cheval de trait : agriculture, loisirs, publicité, dressage

LES INTERVENANTS
Olivier COURTHIADE : Exploitant agricole en Ariège. 
   Il utilise des chevaux de trait en traction animale. Il est aussi moniteur d’équitation et technicien de la Fédération Nationale des Eleveurs d’ânes et de mulets.«Maître loyal» de la réunion, il présente les intervenants et anime les débats ». 

Jean-Louis CANELLE : Fermier, paysan, producteur de chevaux comtois et producteur de fromage de Comté; Administrateur des Haras Nationaux et Président de la Commission Trait).Thème de l’intervention : Place du cheval de trait dans la France actuelle 

Guillaume RANDRIAMAMPITA : Directeur du Haras National de Gélos (Pyrénées Atlantiques), assisté de Gérard THIERTANT : Technicien au Haras National de Gélos.Thèmes de l’intervention : - Utilisation du cheval de trait- Labellisation des poulains de trait pour la boucherie 

Emmanuel DE MEULENAER : Flamand, Directeur du Haras privé de la Brasserie Palm (Belgique) et instructeur d’attelage. Thèmes des interventions : Lésions pathologiques chez les chevaux de trait 

Michel DOUCET : Directeur du Haras National de Tarbes (Hautes Pyrénées)Thème de l’intervention : Quelques remarques sur les conséquences de l‘alourdissement des chevaux de trait 

Bernard BELLAHSEN : Agrobiologiste, viticulteur. Thème de l’intervention : Pourquoi le cheval de trait dans le domaine agricole ? 

Franck GAULARD : Prestataire de service dans le bois et la vigne. Il travaille avec des mulets et éventuellement des chevaux de trait.Thème de l’intervention : Exemples vécus d’utilisation des chevaux de trait 

Jean-Louis CANELLE:Thème de l’intervention : Place du cheval de trait dans la France actuelle. 

Eric MARTIN : Directeur de la Banque du Cheval de TraitThème de l’intervention : Comment valoriser le cheval de trait autrement qu’en viande de boucherie? 

Emmanuel DE MEULENAER :Thème de l’intervention : Valorisation du cheval de trait en tant que cheval de publicité 

Conclusion
Michel DOUCET : Directeur du Haras National de Tarbes (Hautes Pyrénées) 17

INTERVENTION DE M. OLIVIER COURTHIADE
   Il rappelle les objectifs des Journées du Cheval de Trait :
· organiser des concours d’élevage de chevaux de trait ;
· valoriser le cheval de trait ;
· situer le cheval de trait dans l’agriculture d’aujourd’hui : boucherie environ 90 % des chevaux de trait finissent en viande de boucherie, traction, publicité, attelage ;
· permettre aux éleveurs, exploitants agricoles, associations du cheval de trait, d’échanger des idées.

   Puis Monsieur COURTHIADE justifie l’organisation à AUCUN de la Journée du cheval de trait. Il rappelle que si les berceaux de races sont au Nord de la France, les zones d’utilisation traditionnelles, et donc d’élevage actuels, sont les zones de montagne (Midi-Pyrénées, Aquitaine, Franche-Comté, Limousin). 

   Enfin, il présente brièvement les intervenants. 

INTERVENTION DE M. JEAN LOUIS CANELLE  « LA PLACE DU CHEVAL DE TRAIT DANS LA FRANCE ACTUELLE »
   On ne peut dissocier aujourd’hui le produit cheval, quel qu’il soit, de l’agriculture. Or le monde agricole est un monde qui se cherche, puisque son rôle n’est plus de lutter contre la famine, mais de nourrir l’Homme honnêtement et en répondant à ses aspirations nouvelles (manger sans grossir, sans risquer de se rendre malade).
    Trouver un avenir au cheval de trait, dans un environnement qui se cherche, n’est pas évident. C’est aux citoyens de dire ce qu’ils veulent que soit demain leur espace rural, urbain, de dire quel type de société on doit construire. 
   A ce propos, Monsieur CANELLE rappelle les incendies de forêt de cet été et souligne le rôle fondamental des paysans dans l’entretien des zones rurales et forestières. Pour lui, la question est de savoir s’il vaut mieux maintenir les paysans dans leur exploitations ou acheter des canadairs pour entretenir des forêts à l’état sauvage. Il conclut en disant que c’est à l’Homme de façonner le paysage. 
   Il fait alors allusion au rôle historique du cheval, outil au service de l’Etat ainsi qu’outil au service de la guerre. Le paysan, lui, utilisait pour son travail, beaucoup plus le bœuf ou l’âne que le cheval. 
   Puis, il aborde le problème du financement de la filière cheval. Elle fut longtemps financée par le PMU, et donc les paris des français lors de courses de chevaux. Ce financement était donc très variable et incertain.
   En 1999, les Haras Nationaux deviennent établissements publics administrés, c’est-à-dire une structure avec une gestion propre, avec un budget attribué par le Ministère de l’Agriculture. Il fallait donc impérativement redéfinir globalement une politique des Haras Nationaux, et sans oublier en parallèle, une politique du cheval au niveau national et international. 
   Puis Monsieur CANELLE en revient à la filière du cheval de trait. Il souligne que, toute race confondue, 99% des chevaux qui naissent finissent en viande et que 70 % des chevaux consommés sont des chevaux de sang. Or, seuls les éleveurs de chevaux de trait acceptent de regarder la vérité en face : «nous sommes producteurs de chevaux pour une part et tous nos animaux sont destinés au final à une consommation humaine ». C’est une réalité du terrain.
   Qu’est-ce qu’on veut faire de nos chevaux demain ? On doit accepter que ce soit une denrée alimentaire à un moment donné, mais ne faut-il pas lui laisser son rôle principal : participer à une mission de l’agriculture, à l’occupation de l’espace, à l’aménagement du territoire, au maintien du paysage ouvert. Or, 99% des poulains nés des juments courant dans la montagne et y pâturant, empêchant ainsi l’enclavement de la montagne en maquis, ne verront pas leur premier anniversaire et seront destinés à une consommation. 
   Cependant, poursuit-il, il faut admettre que pour faire un cheval d’utilisation, même avec les chevaux de trait que l’on élève, une sélection est obligatoire. Et quoi de plus noble pour un cheval que d’être abattu de façon correcte, avec une destination à la consommation humaine. 
   Ensuite, il aborde la question de la rémunération de la filière par la vente en tant que viande. Elle n’est pas suffisante pour faire vivre de façon correcte les gens qui font naître des poulains. La filière cheval connaît depuis longtemps le problème de la globalisation : concurrence en France des chevaux venant des pays de l’Est, d’Argentine, ou des Etats-Unis. De plus, la filière cheval a été oubliée par les lois françaises sur l’élevage de 1962, et lors de la construction européenne. Actuellement, souligne-t-il, nos revendications de primes à la jument allaitant sont complètement déconnectés de la réalité. 
   Enfin, Monsieur CANELLE souligne qu’il est illusoire de vouloir absolument utiliser le cheval de trait en ville alors qu’on a du mal à l’utiliser à la campagne. La preuve en est que les Haras Nationaux eux même utilisent des tracteurs pour l’entretien. 
   Monsieur CANELLE conclut que le cheval de trait peut encore faire vivre aujourd’hui de façon décente et honnête, avec un salaire minimum autour de 7.500 F (environ 1.150 euros). C’est le prix du professionnalisme dans une filière, qui aujourd’hui prend réellement ses responsabilités, par rapport à l’avenir sans dire que le cheval de trait est pour la ville, pour la forêt, pour la vigne, pour les centres équestres. C’est avant tout un produit agricole à qui les paysans sont capables de créer un avenir, d’être commercialement assez forts pour rendre son utilisation possible, là où c’est possible.

INTERVENTION DE M. GUILLAUME RANDRIAMAMPITA  « UTILISATION DU CHEVAL DE TRAIT »
   Les points abordés :
· Rôle du cheval lourd en Aquitaine.
· Organisation de la monte publique.
· Projet du «Poulain Trait», dont parlera Gérard THIERTANT.
   Globalement en France on a 31 000 saillies sur l’année 2002 et les zones de production ne sont plus les berceaux de races mais les zones des Pyrénées. Dans la région aquitaine, on a plus de 4 000 saillies faites en 2002 et un nombre à peu près comparable en Midi-Pyrénées, donc c’est important. Le premier restant l’Auvergne avec un peu plus de 5 000 saillies. En Aquitaine, l’élevage du cheval lourd est essentiellement concentré dans les Pyrénées Atlantiques qui font 90 % des saillies, et dans le sud, les Landes. 
   Les races utilisées sont essentiellement le Comtois (1ère position : +2 000 saillies ; cheval très apprécié pour les zones montagneuses) et aussi le Breton. Dans le Nord de l’Aquitaine, le Percheron est plus utilisé. 
   La répartition est assez différente. On a la zone des Pyrénées-Atlantiques et des Landes où la vocation du cheval lourd est essentiellement pour la viande, et puis dans les zones du Nord de la région pour une utilisation plus centrée sur les loisirs, débardages, etc.…Il y a une fonction économique par rapport à la filière viande et aussi une fonction très importante et centrale qui est le rôle du cheval lourd dans le paysage, l’environnement. Les zones des Barthes dans le sud des Landes qui sont des zones inondables où seul le cheval peut les entretenir, dont certaines sont reconnues comme ayant un rôle écologique où le cheval a une importance très forte.
   L’économie du cheval lourd : au niveau du sol français, la balance commerciale de la filière est fortement déficitaire. Les importations sont très importantes par rapport aux exportations. Le taux de couverture des besoins est de l’ordre de 37 %. C’est donc un marché qui pourrait être conquis par la production nationale. On importe de la viande rouge et on exporte de la viande blanche. L’exportation de chevaux vivants se fait essentiellement vers l’Italie et l’importation se fait à partir des Etats-Unis, de l’Allemagne et l’Argentine.
   L’utilisation du cheval en attelage est peu développée en Aquitaine, si ce n’est dans le Nord de la région, mais dans le Sud on a assez peu d’utilisation.
   Les soutiens publics à la filière sont les aides des Haras Nationaux pour ce qui est de l’organisation et des primes de concours ; des aides aux syndicats pour les investissements et pour leur organisation ; primes pour les races menacées qui sont actuellement un peu en sommeil ; aides de la région Aquitaine sur le cheptel de souche ; de l’aide au parasitisme qui n’ont pas beaucoup de sens et devront être supprimées.
   L’expérience de synchronisation de chaleur organisée en Aquitaine et aussi en Midi-Pyrénées qui consiste à faire coïncider les chaleurs des juments et leur ovulation, donne de très bons résultats (96 % de fertilité de fin de saison) et permet de gagner beaucoup de temps dans des zones où l’élevage est disséminé. Elle n’a pas vraiment beaucoup de sens dans d’autres zones mais quand l’élevage est disséminé et qu’on a un nombre de tournées importantes, c’est une chose qu’il faut retenir.

INTERVENTION DE M. GERARD THIERTANT  « LE POULAIN DE TRAIT »
   Le débouché principal de la filière trait est donc la viande.

Plan de cette présentation :
· Les résultats attendus du projet «mettre en place une démarche qualité sur la filière trait» ;
· Que se passe-t-il actuellement au niveau de la filière viande, du marché, du consommateur, et de l’éleveur ?
· Démarche qualité : comment l’organiser ?
· Synthèse.

   Les enjeux de cette démarche sont d’abord économiques. L’objectif est de rendre rentable le poulain de trait au même titre que les autres productions animales, apporter une notion de marge brute de production. Quels sont les véritables compléments de revenus pour les éleveurs qui veulent diversifier leurs activités ?

Ø Enjeu environnemental : Le cheval de trait participe véritablement à la gestion de l’espace naturel.
Ø Enjeu de partenariat : organiser et structurer le marché de la viande en rassemblant tous les intervenants de la filière.

   Actuellement sur le marché, on a une production française développée sur le laiton mais aussi sur le cheval de selle de réforme. Le cheval de course, tout comme le cheval de compétition, sont envoyés à la boucherie quand ils ne servent plus à rien. 
   La production française a perdu le marché intérieur. Les importations massives représentent 90 % de la consommation de viande en France. Elle concerne 100 % de l’approvisionnement des grandes surfaces, 50 % des boucheries chevalines.
   Le marché italien : l’Italie est le premier client de la France. Elle représente près de 90 % de l’exportation, cependant, la France est un fournisseur secondaire. Il en résulte un marché fragile et une concurrence farouche sur les prix.
   En France, on a une consommation de viande de cheval de 0,5 kg/habitant. Elle est régionalisée. On en consomme dans le Nord de la France, le Bassin Parisien et dans les grosses zones d’agglomérations. Dans le Sud ouest c’est plutôt Bordeaux, Toulouse, Pau et Tarbes (à moindre mesure). C’est une consommation de chevaux de viande de «selle» de réforme (filière course et compétition équestre).
   Actuellement on a une baisse considérable du nombre de boucheries chevalines, un prix élevé (12,2 euros/kg). On se rend compte aussi que, dans la restauration collective, on ne propose pas au consommateur de la viande de cheval.
   Il existe des contraintes au niveau de l’éleveur. Le prix de la production suit celui de la production mondiale, donc on peut parfois bénéficier d’aides favorables (la crise de la vache folle a permis d’avoir une hausse des prix significative. Mais, ce problème éradiqué, les prix ont baissés pour revenir au niveau antérieur, tous les gains ont été effacés). Les primes d’engraissement sont inexistantes, en comparaison des filières bovines. Il y a un réel manque de communication au niveau du produit.
   La démarche qualité a un enjeu stratégique réel : reconquérir le marché intérieur et renforcer le marché Italie qui doit devenir un débouché. 
   Les chantiers de cette démarche qualité ont débutés il y a 2 ans. Ils visent à mettre en place la première année une marque régionale avec un cahier des charges et un contrôle interne de qualité puis, au bout de trois ans, à mettre en place un sigle de qualité.
   Le programme d’action a été basé sur une étude de marché réalisée en 2002 dans les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées ; sur la création d’un groupement qualité (point très important car il doit comprendre le collège des éleveurs et un cahier des charges), pour assurer une vraie traçabilité, une promotion et une éducation sur le produit. L’étude de marché a permis de voir qu’on a 14% de clients potentiels dans le grand Sud- Ouest, donc le projet peut continuer. On a 18 % de personnes qui consomment de la viande de cheval. Des critères de choix sans surprises, un bon rapport qualité- prix, la présence de label de qualité. Les consommateurs reconnaissent de plus en plus cette viande comme étant saine et d’époque.
   Les lieux d’achats dans le Sud-Ouest sont surtout sur les marchés (France : surtout grandes surfaces) ; les restaurateurs ont une volonté d’innover dans leurs cartes en mettant de la viande de cheval. Les grandes surfaces ont de grandes exigences en matière de critères d’achats et veulent vendre un produit français. Les bouchers chevalins ont plutôt une attitude de suiveurs mais pas de leaders. On a bien compris qu’ils vendent de la viande rouge issue du cheval de selle de réforme. Ils ont des doutes par rapport à leur clientèle en proposant un nouveau produit, le cheval de trait.
   Le cahier des charges : on a testé auprès des consommateurs certains mots, appellations (le terme «laiton» : poulain de trait élevé sous la mère. C’est un terme non compris aussi bien par les consommateurs que par les professionnels de la viande, donc à ne pas utiliser ; le mot «Pyrénées» et le mot «estive» : ont une signification plutôt liée aux vacances et non liée au pastoralisme, à la transhumance : ce ne sont pas forcément des mots qui auront une portée auprès des consommateurs). Label Rouge : les consommateurs veulent un label connu. Par contre le mot «trait» est vraiment un mot à véhiculer. C’est un axe structurant.
   La production est de qualité, avec un élevage extensif, une viande saine, maigre, faible en graisse, riche en fer, une tendreté exceptionnelle. La meilleure façon d’attirer le consommateur à consommer du cheval, c’est d’organiser de grandes manifestations de dégustations, des salons agricoles lors de transhumances, en lui expliquant la provenance de la viande et la façon dont est élevé le cheval de trait.
   Il y a un autre enjeu, c’est lever l’interdiction de consommation dans les collectivités.

Synthèse :
   L’intérêt majeur de ce projet c’est d’arriver à changer les critères des consommateurs. Lui dire que la viande de cheval de trait est une viande de tendance, d’utilité publique.
   Pour l’éleveur, ce doit être un enjeu économique, la démarche qualité doit l’emporter.
   La position des Haras Nationaux tient à l’accompagnement du projet.
   La position des éleveurs est primordiale, car vous êtes le maître mot de ce projet. On veut créer un groupement de qualité.

Questions du public :
   Les jeunes ne consomment plus de cheval. 

· Démarche de labellisation de poulains (problème de traitement des avants du poulain ; il y a tout un savoir-faire perdu à une époque ; production avec objectif de labellisation ou production de chevaux à destination de l’Italie). Difficulté de définir les labellisations du poulain.
· Problème d’attelage dans la région Midi-Pyrénées (dû au relief) : y a-t-il un débouché ?
· Problème du coût de revient d’un cheval de trait pour la promenade.
· De quoi sera fait l’avenir du cheval lourd dans nos régions ?
· De quoi seront fait les concours et quel est l’avenir des Haras ?
· Problème d’équivalence du cheval avec l’ovin et le bovin.
· Quel avenir pour le cheval ? Comment ?
· L’éducation du consommateur ? Comment lui faire consommer?
· Quelles sont les actions qui vont être menées dans le cadre de ce projet ?

Réponses:
· Problème de la viande comme sous- produit est connu et reconnu.
· Le marché mondial ne reconnaît pas la viande chevaline avec les mêmes critères que pour la viande bovine ou ovine.
· Les pouvoirs publics, par le biais des Haras Nationaux ou des collectivités territoriales, essayent de faire que cette production garde sa place sur leur territoire.
· La récession constante de juments de trait depuis la fin de la guerre, semble s’inverser.
· L’identification est aujourd’hui obligatoire pour tous les sujets. On constate une remontée de juments de saillies.
· Les Pyrénées représentent un potentiel important (région paloise, des Pyrénées Atlantiques aux Hautes-Pyrénées, Haute- Garonne, Ariège) réalisent entre 15-20 % de l’effectif des chevaux de trait.
· Les Haras Nationaux seront services publics ou ne seront pas, c’est-à-dire les citoyens acceptent de mettre de l’argent pour des notions d’aménagement du territoire, occupation de l’espace, soutien d’un vrai métier.
· L’insémination artificielle avec groupage de chaleurs ne correspond pas à notre réalité. Il faut arrêter de faire saillir les juments et faire remonter ce fait au niveau national, car elle ne correspond pas à une réalité de terrain et condamnera donc ces races, car elle condamnera une production locale. Il faut donc affirmer haut et clair notre volonté d’exister ; dans quel contexte ? Et où on veut aller.
· Le problème de l’identification : les éleveurs ont voulu une traçabilité claire pour rassurer le consommateur, avec des principes de précaution, d’honnêteté et de labellisation. Cette traçabilité coûte dans la filière cheval, dix fois plus chère que les autres espèces, de l’ordre de 20-30 €, et c’est inacceptable.
· Le problème de consommation de viande de cheval est un sujet totalement tabou, car il est lié à la mort. Donc c’est un faux débat et il y a toute une éducation à faire auprès du consommateur. Il faut améliorer l’image des conditions de vie des animaux. Il est devenu tabou, car si on le mangeait, on n’avait plus d’instrument de guerre. A partir du moment où il est devenu un outil pour l’agriculture, il a fait partie d’une production animale comme les autres mais on a tendance trop souvent à l’oublier. Au point de vue idée, c’est une barrière qui est extrêmement importante, car on n’aurait pas l’idée de manger son chien.
· Les éleveurs doivent mener l’action en ce qui concerne le cahier des charges, le label, etc., et propulser au-delà des régions, ce projet.
· Il y a un retrait vis-à-vis de l’insémination artificielle car on perd en génétique et dans le modèle et donc on est en train de mettre en place une station de monte en main de raceurs, en cherchant des partenariats avec des collectivités et de chercher des alternatives avec les éleveurs. Il faut donc en discuter au cas par cas et s’adapter aux réalités locales qui sont très différentes d’une vallée à une autre.

Ä INTERVENTION DE M. EMMANUEL DE MEULANAER   « LESIONS PATHOLOGIQUES CHEZ LES CHEVAUX DE TRAIT »
   Un cheval ne peut exister s’il n’a pas de bons pieds ; c’est une réalité qui va au-delà de tout ce qui est du domaine du cheval de trait, car sont aussi touchés les mules et les poneys.
   Une étude a été entreprise à l’université de Liège sur la Patajue et l’ossification des cartilages. Cette étude se terminera vers 2005. Elle a été mise en place, car on constate que de plus en plus de chevaux ont des problèmes de pieds et ne pourront jamais tracter une charrette. Posséder un cheval de trait, c’est vérifier d’abord s’il a de bons pieds pour une bonne traction.
   Cette étude a été mise en place par les américains qui avait constaté que des Patajue avaient des problèmes importants au niveau des pieds. Elle fut menée en Californie par un haras privé. Une étude similaire est menée dans les universités de Gean et de Davis, sur la galle du cheval de trait.
  
Il existe trois types de galles des pattes :
· Chez les demi-sang et les pur-sang, on appelle ça la galle de boue ;
· Chez les Paturons, on appelle ça le coriuptus ;
· Lésions modulaires.

   Le constat qui a été fait en Amérique est que seul le cheval de trait a ce problème de galle des pattes. En Belgique, 85 à 90 % des chevaux de trait belges ont ce problème.
   Avant la guerre, la Belgique faisait naître environ 27 000 chevaux par an et en vendait 2 500 pour l’exportation vers les USA et la Russie. Ce fait lui a permis d’avoir une renommée mondiale à partir de 1995.
   A l’origine, le cheval de trait n’était pas fait pour travailler dans les champs, car il servait de moteur pour l’industrie.
   Qu’est-ce qui s’est passé après un certain temps ? L’idée de n’utiliser le cheval que pour l’industrie a changé avec l’arrivée de la mécanisation et on a alors pensé à utiliser le cheval de trait pour les champs.
   La Belgique est un gros producteur de bovins et cochons. A force de vouloir faire des veaux et des porcinets de plus en plus gros, on a constaté que des taureaux de 4 à 5 ans ne tenaient plus sur leurs jambes. L’évolution de ces animaux a donc entraîné des modifications aux niveaux des jambes. Le constat est le même pour les chevaux de trait et les éleveurs se font du soucis sur l’avenir de leurs chevaux.
   Les scientifiques sont allés plus loin en s’intéressant à l’élastine du poil. Le constat est flagrant lorsqu’on compare la racine des poils d’un demi-sang à ceux d’un cheval de trait. Il y a beaucoup plus d’élastine chez le cheval de trait. Il en va de même pour les glandes sudoripares. On n’a pas encore trouvé de réponse à ces phénomènes. Chaque éleveur doit tenir compte de ce fait. Même 6 mois avant d’être abattu, un cheval doit tenir debout, et s’il n’est pas destiné à l’abattoir, il doit avoir un autre avenir que celui de tirer ou de porter du poids.
   Une étude à Liège a constaté que les chevaux de trait ont des problèmes de cartilages. Cette étude vise à ce que les chevaux de trait qui ne tiennent plus sur leurs jambes aient un autre avenir que l’abattoir. Cette étude n’est pas encore terminée. Cette différence est très visible entre les chevaux nés de saillies et ceux nés « vifs ». En Belgique, on a de 25 à 30 % de perte chez les poulains. 

   Cette étude qui est financée par la région de Wallonie cherche à savoir si la génétique est responsable de ces phénomènes.
   Pour cette étude, la région a acheté 10 hectares de terrain pour l’élevage, mais elle a des problèmes pour trouver le soutien des éleveurs. La France a la chance de pouvoir bénéficier de l’aide des institutions, mais pas la Belgique. Les chercheurs sont aussi allés voir si les phalanges sont plus usées que la normale. Le constat est que les chevaux souffrent d’arthrose, dû à des sélections qui ont été faites sans avoir fait attention aux conséquences.

Conclusion sur l’examen clinique et sur les lésions dégénératives de l’extrémité digitale :
• Pourcentage élevé (± 70%) de poulains qui présentent ces lésions à 2 ans 4 mois,
• La plupart des lésions sont légères,
• La moitié des poulains présentent de légères gênes cliniques lors de la réalisation des tests fonctionnels (mise sous contrainte des articulations),
• 3 poulains sur 32 avec des lésions importantes et qui boitent avant même la mise sous contrainte des articulations,
• Suivre l’évolution des lésions pour voir si l’ostéoarthrose proprement dite apparaît.

   La conclusion est dramatique. Au moins 67 % des chevaux sont boiteux avant même l’âge de 2 ans. Les recherches vont aussi se porter sur ce problème, car le phénomène est beaucoup plus rapide que chez les chevaux demi-sang. Un cheval de trait de 5 ans est déjà considéré comme étant vieux.
   Si on fait de la viande, des chevaux de loisirs, la qualité des jambes est très importante. L’idée était de mettre au courant les éleveurs.

RECAPITULATION DE M. COURTHIADE
   Ce sujet n’intéresse pas beaucoup de monde en France. Pourtant c’est important de faire la distinction entre un cheval lourd et un cheval de trait. La différence se fait essentiellement au niveau des jambes. On ne peut pas parler de cheval de trait, car son utilisation est alors impossible. Mais le constat existe et est alarmant : nous produisons des chevaux infirmes.
   Il faut arrêter de responsabiliser les Haras Nationaux. Ceux-ci sont aujourd’hui à notre entière disposition en tant que prestataires de service et techniciens, mais leurs donneurs d’ordres sont les éleveurs.
   500 chevaux de trait en France sont destinés à l’utilisation environ. C’est infime par rapport au nombre de chevaux de course ou de selle utilisés. Mais si avec seulement 500 chevaux d’utilisation, nous avons des infirmes, il y a vraiment des questions à se poser !
   Mr HOULNE, par exemple, qui arrive à acheter des chevaux au plus bas prix et les revends au plus fort parvient à faire ainsi des bénéfices. S’il arrive à faire du commerce et pas nous, c’est parce que nous n’arrivons pas à produire des chevaux à bas prix. Mais là aussi, ce n’est pas une question de zootechnique, mais d’argent. Le personnel en Pologne ou Roumanie peut produire en extensif, car ils ne connaissent pas les 35 h et ont un salaire minime. Ce n’est pas la faute des Haras Nationaux ni des syndicats d’éleveurs français, mais la faute à l’économie de marché qui fait que là où on produit moins cher, on peut produire et faire des bénéfices.
   Mr DE MEULANAER se sent responsable des chevaux qui sortent de sa ferme et dit que d’un autre côté, si on veut vendre, il faut suivre le marché.
   Aujourd’hui les Haras Nationaux n’ont pas les moyens de payer ça. La France a la chance de posséder des Haras Nationaux. Dans les autres pays où il n’y en a pas, les éleveurs sont obligés de se débrouiller seuls.
   L’intervention de Mr. DE MEULANAER nous éveille sur le problème de faire des chevaux de plus en plus lourds et qui soient en même temps des bimoteurs.

INTERVENTION DE M. DOUCET
   Depuis 30 ans, l’objectif a été d’alourdir de plus en plus les chevaux sans se préoccuper des conséquences que cela pouvait engendrer. C’est un circuit dans lequel nous sommes tous impliqués. Les éleveurs préparent les chevaux, les Haras Nationaux les achètent et les éleveurs les utilisent. Il faut prendre conscience que l’alourdissement des chevaux, au détriment d’autres paramètres, a des conséquences que nous payons aujourd’hui. Il est évident que lorsque un cheval arrive avec ces pathologies, dans une écurie, on essaie de le réformer le plus vite possible pour ne pas encombrer la production. 

Question posée : 
   Quelle résistance ont les poulains ? 

Réponse :
   Vous parlez de la notion de testage. On ne peut pas connaître un étalon avant d’avoir vu sa production. Il faut le juger sur son espèce, mais surtout sur sa descendance. Les étalons sont sélectionnés aujourd’hui par les Haras Nationaux, sur demande des syndicats d’éleveurs. Donc on a les chevaux qu’on mérite.
   Il y a deux choses à rappeler. La première c’est que les Haras Nationaux sont devenus des établissements publics dans lesquels des professionnels s’impliquent, la seconde c’est que les associations des races sont responsables de la race et de la définition des critères. On a souvent reproché à l’administration de s’impliquer un peu trop. Mais depuis 3 ans se sont les associations de races qui s’en occupent en achetant des chevaux proposés sur le marché.
   On a reproché aux Haras Nationaux de faire son marché sans se préoccuper des éleveurs. Quand ils achètent un étalon, il faut qu’il soit capable des faire saillir des juments (là, les éleveurs sont concernés). Aujourd’hui les représentants des éleveurs sont présents lors de l’achat d’un étalon, car c’est dans leur intérêt que l’étalon acheté pour une circonscription fasse le meilleur score.
   Le problème de la génétique revient donc aux associations de race. C’est à elles de faire attention pour faire un bon étalon. 
La recherche en France est organisée autour de l’INRA, mais aussi des Haras Nationaux. Ils possèdent deux unités dans lesquelles ils s’intéressent à l’alimentation du cheval, mais aussi travaillent sur la maîtrise de la reproduction, grâce à l’insémination artificielle.

INTERVENTION DE M. BERNARD BELHASEN   « POURQUOI L'ANIMAL DE TRAIT DANS LE DOMAINE AGRICOLE ? »
1 - L'état actuel du sol dans les régions de culture intensive (viticulture, arboriculture, etc.) 
   La terre est malade, nombreux s'accordent à le dire aujourd'hui. Quand la terre est malade, le paysan agonise et quand le paysan agonise, la Terre n'a plus d'avenir ! 
   Pessimisme ? Constat. Malade parce qu'exploitée. 
   « Exploitation agricole » voilà le nom officiel des anciennes fermes, domaines, métairies. Exploitant, exploitation, du sens premier de mise en valeur d'un bien, on est passé au sens figuré : d'abuser à son profi; et l'exploitant est devenu exploiteur. 
   Au nom du productivisme, du rendement, de la rentabilité...., le sol est moribond. Les engrais chimiques, les traitements phytosanitaires déséquilibrants avec une minéralisation fulgurante et une asphyxie des couches supérieures et la motorisation à outrance avec les façons culturales qui vont avec, ont fini par presque, partout, anéantir la fertilité du sol. 

2 – L'intérêt du travail du sol
   Avant d'aborder l'intérêt du travail du sol, nous pourrions nous poser la question d'où vient ce sol, cette terre arable, cette terre nourricière ? 

· C'est un héritage de quelques millions d'années. 
· C'est le résultat d'un échange constant entre la terre et le ciel, 
· C'est la lente évolution de la roche (séisme, déplacement de la croûte terrestre, changement de température, pluie) en sable, limon puis en argile avec en parallèle l'ensemble des décompositions de surface sous l’action du soleil en humus.

   Voilà obtenu le complexe argilo-humique, notre terre arabe naît d'un mariage entre le bas et le haut. Sans l'un des deux, le couple argilo-humique ne peut exister et c’est dans son lit que les graines vont germer (A nous de célébrer cette union par le travail du sol!).

   Comment entretenir cette terre arable ? C'est le rôle de l'agriculteur. Dans agriculteur il y a agros qui en grec signifie champ et culte qu'il faut prendre dans le sens d'honorer... 
   Il y a donc un bon sens dans le travail du sol pour maintenir cet héritage de la terre arable, cultivable, labourable. 
   Il y a aussi à maintenir dans le bon sens la couche supérieure par rapport à la couche inférieure (horizon A/ horizon B). 

   Le travail du sol permet d'abord l'aération qui rend possible la vie, la multiplication de tous les micro-organismes qui ont besoin d'air. Grâce à cette aération, beaucoup d’autre éléments vont s'intégrer au sol comme par exemple l'azote (contenu dans l'air), ces éléments sont nécessaires au développement de la plante. 
   Le travail du sol permet aussi le doux mélange de la couche supérieure constituée en humus avec une couche inférieure en devenir, issue de la roche mère et constituée en minéraux. Il ne s'agit pas de les bouleverser mais de les entremêler délicatement pour qu'il y ait ensemencement réciproque, 

3 – Quels sont les moyens culturaux mis à notre disposition
   conséquence de 1'utilisation du tracteur à usage plus ou moins intensif' selon les types de culture : 

· Tassement (poids, vibrations, nombre de passage, bandes de roulement au même endroit)
· Irrespect du sol dans les labours ( sols gras = 4 x 4, sols secs = relevage profondeur // puissance) 
· Perte du contact (cabine) et de la mesure (jour /nuit) 
· Dépendance (entretien, vidange, coût)
· Pollution // feuillage, fruits, graines.

   L'animal de trait est là pour réguler l'impétuosité de la motorisation. Avec, un animal de trait, il y a : 
Ø Le respect du sol : s'il est sec et dur l'outil ne rentre pas ; s’il est gras et lourd, l'animal s'épuise, 
Ø La terre se laisse prendre quand c'est le bon moment, la structure est sauvegardée.
Ø Continuité de cette lente et douce interpénétration des couches pour une cohabitation prospère. 
Ø Conservation de la souplesse du sol ; l'animal place très souvent son pied à un endroit différent et son poids reste modeste. 
Ø Autres aspects : 
· tous nos sens sont en éveil: l'odeur de la terre; la structure, contact direct; en rapport avec l'effort de l’animal .
· mise en rapport du monde minéral, végétal, animal et humain (niveau de relation, d'échange, complicité, - complémentarité) 
· accessibilité maximum grâce à la maniabilité et la précision de l'animal ; même des petites parcelles en terrasses. 
· participation au travail due à l'acquisition des données ( ex. du choix du passage à labourer ou de l'arrêt devant des caisses de raisins), 
· présence et partage. 

4 – Dans la ferme
   L'animal de trait a ses contraintes, mais en fait, il donne son sens et son rythme à la ferme : 
· Il anime, c’est un être vivant et chaleureux. 
· Il est apte à tous les travaux, labours, jardin, déplacement, transport. 
· Il justifie les rotations (souci actuel // jachères ) et le repos des terres, par le foin, l'orge, l'avoine qui restructure et régénère le sol. 
· Il assure les travaux de précision à peu de frais.
· Il peut travailler en parallèle avec le tracteur. 

5 - Dans la ruralité
   Leur présence dans les champs rend les paysages vivants et va dans le sens des programmes environnementaux..
   Le relationnel avec les agriculteurs est très fort : c’est du cheval de trait que partent les racines. 
   Plusieurs animaux dans un village permettent l’entraide et la présence plus longue dans les champs.
   Le cheval de trait a un côté apaisant, on vit au rythme au pas de l'animal. 
   Au village, on s’attroupe, les fenêtre s'ouvrent, les gens sortent et se parlent, les enfants rêvent, ils se nourrissent d'images fortes. 
Lors des fêtes traditionnelles : on peut organiser des animations de trait sous prétexte de moisson, vendanges, semailles, concours de labours... Ces fêtes ont un sens caché : inconscient du rattachement à la terre, aux racines de la vie, tout comme les très anciennes fêtes : célébrations de la fécondité avant semailles ou récolte. 
   En conclusion, tous les métiers autour de l'animal de trait dans le village augmentent la vie sociale du village. 

6 - La rentabilité 
   Quelques mots sur mon expérience personnelle. 
   Je suis vigneron et cela fait une bonne vingtaine d'années que j'ai choisi la traction animale, bien plus par intuition que par raisonnement. C'est sur le terrain que les découvertes se sont accumulées.
   Actuellement, ma famille et moi vivons sur un domaine de 5 ha 1/2 dont 4 ha 1/2 en vigne. Il n'y a pas de tracteur, le travail du sol et les charrois se font en traction animale. Du point de vue économique, le centre de gestion constate des résultats tout à fait satisfaisants en comparaison avec d'autres domaines équivalents.- 
   En dehors des chiffres, comprenons d'abord que c'est de toute façon rentable à long terme - laisser un avenir aux générations qui nous suivent en respectant et fertilisant le sol.
   Mais c’est aussi rentable à court terme par une organisation cohérente des cultures :
· L'animal de trait se nourrit par son travail (contrairement au tracteur), champs de foin, d'orge ; en respectant de plus la rotation des cultures et la restructuration des sols. 
· Il produit le fumier pour le compost indispensable pour que perdure le couple argilo- humique et donc la fertilité. 
· Il véhicule l'état d'esprit du paysan dans la commercialisation (il s'inscrit dans le budget communication). 

7 - L'avenir de l'animal de trait 
   Souvent circule une connotation passéiste à l'utilisation de l'animal de trait, voire nostalgique ou même anti- progrès.
Au regard de l'état du sol, ce qui est considéré comme progrès aujourd'hui, ressemble plus à un retour en arrière. Un recul bien avant l'ère néandertalienne, au moment où le sol encore tout bouleversé par les grands mouvements tectoniques essayait de se composer une fertilité. 
   Je préfère croire que nous sommes là pour préparer la terre pour que puissent germer les grailles de demain. 
   L'homme a besoin de la terre pour vivre.
   La terre a besoin de la traction animale. 
   L'homme a besoin de la traction animale pour faire vivre la terre. 

INTERVENTION DE M. FRANCK GAULLARD   « EXEMPLES VECUS D’UTILISATION DU CHEVAL DE TRAIT »
   Je rends service aux gens pour des travaux dans la forêt, dans les vignes et pour des spectacles. Je ne possède pas de chevaux, mais on me les prête ou je les loue pour ce travail.
   La vigne m’occupe durant 8 mois de l’année. C’est une démarche commerciale. Je m’occupe du labour, du traitement des sols et autres.
   En forêt, c’est sous forme d’association et de compétences spécifiques
   Les spectacles sont organisés dans le cadre de la valorisation des mules.
   Le premier mode d’intervention en forêt est l’industrie, le second consiste en l’élagage ou opération de nettoyage des berges d’un cours d’eau, le troisième se fait à une échelle de plus en plus grande et consiste en du tronçonnage, en alternance avec de la traction animale.
   Pour la vigne, je voyage de Perpignan à Montpellier. Je travaille sur des terres brûlées, des vignes plantées de façon géométrique parfaite, donc l’animal peut passer partout. Je peux travailler aussi en association avec des engins mécanisés. J’interviens alors pour des travaux de précision, là où les tracteurs ne peuvent passer.
   La première intervention se fait après les vendanges pour casser la croûte de terre et faciliter la pénétration de l’air dans la terre.
   La seconde se fait au printemps pour désherber les pieds de vigne et provoquer un enracinement du pied de vigne.
   Les animaux sont dressés donc assurent une bonne qualité de travail pour les spectacles.
   Je gagne environ 3 000 F et suis payé 50 euros de l’heure effective (c’est-à-dire y compris le transport, le temps d’harnachement et les intempéries).

Ä INTERVENTION DE M. JEAN- LOUIS CANELLE   « PLACE ET ROLE DU SYNDICAT DES COCHERS »
   Le syndicat des cochers est né en 1998. Le métier de cocher n’existait plus. Actuellement, le Syndicat des cochers est l’interlocuteur entre le ministère de l’éducation et de l’agriculture. C’est un métier difficile, mais la compensation avec l’animal est très importante.
   Il existe trois centres agréés de formation de cochers. Il y a 170 adhérents avec 350 emplois. Lors de l’examen, le jury regarde si le candidat est capable d’être embauché dans une entreprise.

INTERVENTION DE M. MARTIN   « LA BANQUE DU CHEVAL DE TRAIT »
   Pour bien comprendre pourquoi et comment « LA BANQUE DU CHEVAL DE TRAIT DU LIMOUSIN », il faut tenir compte du débouché du cheval de trait en France : 
· Viande : plus de 90 %,
· Génétique : 6 % (renouvellement du cheptel),
· Utilisation : 4 % soit environ 500 chevaux vendus par an à forte plus value. 

   Pour ce faire la filière trait du Limousin s'est structurée sur trois départements : Corrèze, Creuse, la Haute Vienne.
   Un Syndicat d'éleveurs par département regroupé en une union (Union des; Syndicat d'éleveurs de chevaux de trait du Limousin) maître d’œuvre de son PROGRAMME D’ELEVAGE. 
   Ce système répondait à deux points du marché (Viande et Génétique).
   Sous l'impulsion de quelques initiés, la filière s'est demandée comment prendre une part du marché dans l'utilisation, sachant que pas ou peu d'éleveurs avaient la capacité technique de débourrer leurs propres chevaux et que quasiment aucun professionnel s’intéressait à ce travail, y compris la maréchalerie.
   L’idée est donc née de créer une antenne technique et de développement : la Banque du Cheval de Trait du Limousin. 
   Cette banque de données et de services a pour but de mettre tout en œuvre pour aider les éleveurs et utilisateurs à rendre leurs chevaux utilisables, les valoriser dans ce domaine et développer 1'utilisation dans tout les domaines possibles.
   Le Limousin est la 4ème région française productrice de cheval de trait avec 2 000 juments et pouliches mises à la reproduction chaque année, avec une croissance régulière.
   Ce sont 600 éleveurs et utilisateurs qui font fonctionner cette filière. 
   Depuis 1999, la Banque du Cheval de Trait du Limousin regroupe près de 350 adhérents avec une activité conséquente puisqu'elle réalise chaque année : 

· 1 000 actes de maréchalerie;
· 40 débourrages;
· 10 concours (utilisation, S.II.F., officiel,…);
· 20 à 30 chevaux commercialisés dans une fourchette de prix de 2 300 euros à 4 600 euros

   Pour commercialiser vers le grand public et les professionnels (potentiel clients), elle participe, à tous les grands salons Français, voire Européen, ainsi qu'à des foires, 
   Elle gère les animations avec les attelages de ses adhérents dans les fêtes, les mariages et même sur des films cinématographiques 
   Une branche formation est mise en place, depuis un an pour répondre à une demande de plus en plus importante de personnes qui veulent s'initier ou se perfectionner à l'attelage. 
   Pour faire fonctionner tout ce système, ce sont trois personnes au technique et 1/2 temps administratif qui ont été embauchées. 
   Le budget de fonctionnement de cette structure est d'environ 200 000 € financé d'une part par les adhésions et les prestations (35 %), d’autre part par des subventions Régionales (emploi jeunes et formation), d'Etat (DRAF / ex FNH, emploi jeune) et Européennes. 
   Afin d'améliorer les conditions de travail pour gagner de l’efficacité et répondre encore mieux à ses adhérents, et au grand public. La Banque du Cheval de Trait du Limousin est porteuse d'un grand projet infrastructurel pour accueillir, chevaux, meneurs et clients sur un site adapté à tous les types d'utilisation du cheval de trait. 

RECAPITULATION DE M. COURTHIADE
   Le Limousin n’est pas une région connue pour son fort attelage même si, y sont domiciliés de grands meneurs d’attelage. Il n’empêche qu’il y avait une petite tradition, et en particulier de chevaux de trait. C’est là qu’a eu lieu en 1991, la première fête du cheval de trait, à la suite de nombreux concours d’attelage. Ces différentes manifestations ont fait et ont permis de faire renaître cette passion. 
   300 adhérents au sein d’une structure qui s’occupe de l’attelage, c’est quelque chose de significatif et d’encourageant. C’est la preuve que lorsque les énergies se conjuguent, on peut renverser le sens de l’histoire.
Questions posées :

· Existence d’un label ?
· Existe-t-il un label pour les chevaux d’attelage ?

Réponses:
· Il existe un label national mis en place par les Haras Nationaux qui s’appelle «label de chevaux de loisirs attelés» avec trois qualificatifs : sélection, loisirs, attelés et avec la présentation des chevaux par les éleveurs lors des concours d’utilisation. Une labellisation « loisirs attelés » est intéressante, car c’est un niveau national d’exigence avec des points précis.
· La labellisation loisir est quelque chose de presque balbutiant, car nous sommes dans une région (Midi Pyrénées) qui n’a pas un potentiel d’attelage très important. Ceci étant, l’année dernière, il y avait ici un concours de labellisation qui concernait aussi les attelages.

INTERVENTION DE M. EMMANUEL DE MEULENAER   « LE CHEVAL DE TRAIT DANS LA PUBLICITE »
   Je vais vous parler d’une éventuelle vente d’un cheval de trait pour une utilisation dans la publicité. Ce qu’il faut savoir c’est que quand on veut se lancer dans ce type d’utilisation, la publicité, c’est dans la monte. C’est un domaine où il faut être très attentif car on peut se faire manger très vite par les autres.    C’est pour cela qu’elle est très exigeante. Si elle n’est pas assez bien structurée vous êtes perdus avant même d’avoir fait le premier pas.

Dans un attelage publicitaire, il y a trois points :
· Le cheval
· L’attelage
· Le meneur
   Pourquoi la Brasserie Palm fait de la publicité avec un cheval de trait et pas avec un demi-sang, un cheval qui a beaucoup plus de bec ? Quand on commercialise un produit qui est commun, comme chez nous la bière, il faut que tout le monde puissent en acheter, il faut donc, employer un animal qui aille aussi bien au Roi des Belges, qu'au plus simple d’entre eux. Le cheval de trait nous est apparu comme un grand «nounours» sans signe extérieur de compétition mais qui attire le regard des gens. Il faut apprendre à toucher le cœur des personnes, car quand on est là pour faire de la publicité, on est là pour vendre ! 

   Le grand problème avec les chevaux de trait est de trouver celui apte à faire ce travail. Quels sont les grands critères pour avoir un bon cheval ?
· 4 bons pieds ;
· 4 bonnes jambes ;
· Qu’il soit clair dans sa tête : pour l’éleveur, c’est un devoir de tenir compte du caractère du cheval, même si celui-ci est destiné à l’abattoir ;
· Qui ait un joli trot. 

   Au point de vue européen, il y a deux extrêmes entre l’Allemagne qui, avec ses 4 500 juments fait surtout des chevaux de loisirs (2 500/an) ; et la France qui, avec ses 20 à 25 000 chevaux de trait, en a seulement 500 destinés aux loisirs. C’est l’évidence même que l’accent est mis sur le portefeuille plutôt que sur le côté loisir.
    En plus d’un très bon cheval, selon la jurisprudence européenne, pour un bon attelage, il faut une bonne voiture avec des roues en caoutchouc ainsi que de bons freins et de bons harnais, pour se promener en ville. Malheureusement, la réalité montre que l’on utilise de trop vieux harnais et charrettes. Comme il est très difficile de mener un attelage en ville, si vous n’avez pas un bon matériel, vous êtes un danger public.
    Si la sélection d’un cheval d’attelage est difficile, celui d’un bon meneur l’est encore plus. Chez nous, les meneurs travaillent 365 jours par an, participent à des concours et font des spectacles pour amuser les gens. C’est un travail qui exige beaucoup de discipline, de sens du devoir et de la responsabilité, car si les chevaux ne sont pas bien attelés, ou si le meneur ne connaît pas un bon système pour mener ses chevaux en centre ville, vous êtes un danger permanent pour ceux qui vous entourent. 
   Tout ceci mène à de lourds investissements qui atteignent pour un Haras en Belgique 300 000 euros par an TTC. 
   Pour sortir un attelage en ville il faut un minimum de 5 000 euros. C’est pourquoi la concurrence est très rude avec les amateurs qui n’ont pas de matériel correct les trois quart du temps. Il faut donc en finir avec les amateurs. Les chevaux doivent être bien dressés, car en cas d’accidents ils sont toujours fautifs, et non les meneurs. Il faut laisser la place aux professionnels qui connaissent leur métier et les règles de sécurité à suivre. 
   L’utilisation du cheval en publicité est un tout petit marché et il faut bien savoir ce qu’on fait : il n’y a pas de place pour l’amateurisme. 

Question posée par le public :
   L’élevage du cheval de trait est-il une activité économique ?

Réponse :
· Il est vrai que la France a une production de chevaux avec une fin bien regrettable, et dans un secteur qui n’a probablement pas beaucoup d’avenir au point de vue économique, au sens véritable du mot, dans la mesure où c’est la société dans son ensemble qui évolue dans ce sens là. Malgré tout, si cet élevage persiste, c’est qu’il y a une raison encore plus profonde qui est la passion pour le cheval et, dans cette évolution là, le cheval de trait a toute sa place, car il répond à un besoin de notre époque, et par delà les aléas économiques il continuera à exister, ne serait-ce que pour satisfaire ce besoin.

CONCLUSION
   En conclusion de ce débat nous reproduisons ci-dessous, l’intervention qu’avait prévue de faire Monsieur DOUCET, Directeur des Haras Nationaux de Tarbes et qu’il a du très largement écourtée pour que soit respectée la durée globale de la table ronde.

   Table ronde : lieu d'échanges sans réserve, propos les plus variés même iconoclaste voire un peu provocateur.
   Une activité existe-t-elle si elle n'a pas de réalité économique ? 
   A l'exception de quelques sentiments et de la religion (mais marchands près de la grotte) tout est activité économique ? 
   Mais avec quel dynamisme et quel potentiel de développement ? 
   Autrement dit, pour en revenir au sujet du jour, l'élevage du cheval de trait est-il une activité économique marchande ? 

   L’élevage peut être classé en trois grands domaines ou motivations 

· Les loisirs (attelage) : une activité économique 
· La production : incontestablement une activité économique 
· L'affectif : relation privilégiée avec l'animal est aussi du domaine économique 
Comment s’intègre l'élevage de trait dans ce panorama ?

1. les loisirs : 
   On constate, depuis 10 ans, un effort pour sortir le cheval lourd du ghetto boucher dans lequel il était enfermé : Abandon de l'appellation « Cheval lourd » au profit de « Cheval de trait » ; organisation de manifestations diverses telles que :
· Championnat d'attelage, 
· Epreuves d'utilisation en marge des concours d'élevage traditionnels, 
· Epreuves d'attelage sur le circuit SHF des jeunes chevaux, 
· Voire même labellisation loisir. 
   L’implication des Haras Nationaux dans cette évolution de l'image de ces races est forte. Malgré cela, l’implantation du cheval de trait dans le domaine du loisir reste faible. 
   Globalement, ce marché (encore vit-il souvent en autarcie), ne représente que moins de 10 % pour les optimistes des naissances, quelques % pour les réalistes. 
   Malgré la multiplication des loisirs, peu de chance que l'utilisation de l'attelage évolue beaucoup tellement la discipline est lourde même si les animations locales à partir de rassemblements d'attelages sont fréquents et souvent dynamiques grâce aux associations locales (dans le Gers, la Creuse, etc) 

2. la production de viande 
   Comme chacun sait, la consommation constitue l'essentiel des débouchés de cette production. 

Mais est-ce un marché ? 
   Personne n'oublie que la viande de cheval n'a pas fait partie dans les années 60 de l’OCM (Organisation commune du marché) à Bruxelles et que le marché se trouve ainsi totalement libre, sans protection aux frontières. 
   Par ailleurs, la consommation régresse pour des raisons diverses mais essentiellement sociétales. 

   Certes on dit : mais il n'y a plus de bouchers chevalins. C'est vrai 
   Mais toutes les GMS ont des linéaires viande de cheval. Vous avez vu leur longueur. Elle est plus révélatrice du marché que de la volonté ou non volonté de commercialiser du cheval. La disparition des boucheries chevalines n'est qu'une conséquence de cette évolution qui repose sur deux tendances lourdes de nos sociétés modernes : 
· l'utilisation du cheval comme animal de loisir, j'aurai tendance à dire animal de compagnie (j'y reviendrai) 
· la diminution de la consommation de la viande rouge, pour des raisons diverses : prix, suspicion, etc... 

   Cette tendance est-elle irréversible ? 
   Objectivement, très probablement oui, et ce quels que soient les efforts pour « cacher » l'image du poulain : 
· Appellation : laiton, etc... 
· Transformation : mais coût du produit transformé prohibitif quelles que soient ses qualités gustatives ? 

   Alors il reste le marché italien.
   Quel marché, allez-vous me dire :
· Un marché fragile (pas de transactions sécurisées) tellement il est marginal. Et cette marginalité est un obstacle à sa sécurisation. 
· Un marché impossible à satisfaire de manière raisonnée puisque le coût de l'engraissement (et pourtant seul le poulain gras est commercialisable) n'est pas couvert par la plus-value par rapport au laiton d'herbe ? 
   Cette réalité est d'autant plus incontournable que les GSM (à travers le monde entier) reçoive du « minerai », voire du « grammé-piécé » en moins de 4 jours en provenance du monde entier mais au moins du Canada (Calgary) ou le laiton semble être un sous produit de je ne sais plus quelle production de laboratoire (placenta de jument utilisé par les laboratoires en cosmétologie ou pharmacie). 

Alors quelle solution ? 
   Aucune puisque le marché du cheval ne fait l'objet d'aucune organisation commune du marché au niveau européen. 
Sans parler de la décapitalisation du cheptel équin en provenance des pays de l'Est. Mais on en parle depuis plus de 10 ans et les échanges restent les mêmes. 

Alors que reste-t-il au marché du cheval lourd ? 
   Une économie de cueillette où les frais de production sont réduits au minimum et ou l'affectif garde toute sa raison d'être.
   Car aujourd'hui, il est évident que ce n'est pas le marché, (résultat de l'offre et de la demande) et l'effort des pouvoirs publics qui peuvent faire bouger ce marché. 
   Ce constat est pessimiste mais sans l'attachement des éleveurs à leurs animaux (animaux de compagnie), il n'y aurait plus de production. 

Alors que font les pouvoirs publics ? 
   Pour faire court, il est évident aujourd'hui que les pouvoirs publics ont vite choisi entre la sécurité physique, la sécurité alimentaire, l'emploi et la poésie de nos élevages. Les pouvoirs publics soutiennent le développement local mais au travers de diverses priorités souvent plus preignantes les unes que les autres. 

Que font les Haras dans ce contexte 
· réduction des moyens voire risque de suppression totale. Cette menace est apparemment écartée momentanément. 
· mission de sauvegarde des races. Mais nous le disions auparavant il ne suffit pas d'avoir des étalons pour assurer un élevage, il faut des éleveurs. Le pire est probablement évité. 
· stabilisation des effectifs, du moins en apparence 30 000 juments contre 25 000 en 1995 ou 1996.
· aucune des grandes races françaises n'est en risque de disparition immédiate : effectif supérieur à 500 mais en dessous de ce seuil, les risques sont réels. 

  La sauvegarde des races est d'ailleurs la raison d'être de l'aide aux races menacées mise en place de manière précaire en 1997 grâce à la constance des organisations professionnelles syndicales ; puis aujourd'hui reconduite mais avec des conditions plus contraignantes (Contrat agriculture durable - CAD). 

Alors quel avenir pour l'élevage de trait ? 
· Le cheval animal de maintien des paysages si cela est scientifiquement vérifié dans les estives, 
· le cheval animal de compagnie. Ce serait en définitive sa plus belle conquête. 

   Après que l'homme ait domestiqué cet animal sauvage pour son confort, sa sécurité, (la plus « noble conquête de l'homme ») ce serait le cheval qui se rendrait maître de l'homme. Pas forcément le cheval lourd mais tous les chevaux. Le marché du cheval « pot de fleur » ou animal de compagnie qu'a su conquérir le Mérens ou plus récemment les chevaux de couleur, pour agrémenter les pelouses de nos concitoyens et les manques affectifs de leurs enfants, le cheval de trait est aussi capable de conquérir cet espace. 
   Et comme à la campagne, un « chou est un chou », il faut faire comme nos amis auvergnats : quand les enfants ont pris la relève des parents, on a gardé une jument sur la parcelle de subsistance. Cet animal devient alors un compagnon qui engendre la vie. 
   Et quand le poulain s'en va (on ne peut pas tout garder), il reste une petite pièce pour s'offrir un petit voyage que les maigres retraites agricoles ne permettent pas de s'offrir. 

   On dit souvent que le cheval est la plus noble conquête de l’homme, mais aujourd’hui c’est le cheval qui a conquis l’Homme.

   Merci à tous les participants et l’année prochaine.


Document aimablement communiqué par la Maison du Val d'Azun, 65400 ARRENS MARSOUS
Tél: 05 62 97 49 49   Fax: 05 62 97 49 45
http://www.valdazun.com

Dernière mise à jour: jeudi 07 juin 2007