Fête du cheval d'Aucun


 

Compte rendu des tables rondes 2004

9 et 10 Octobre 2004  AUCUN, VAL D’AZUN   (HAUTES PYRENEES)

REGAIN D’INTERET POUR LE CHEVAL DE TRAIT : 
« Phénomène de mode ou Véritable enjeu de territoire et de développement durable ? »


LES INTERVENANTS
Olivier COURTHIADE : Formateur en traction animale, attelage et chargé de mission de la Fédération Nationale d’éleveurs d’ânes et de mulets, agriculteur en zone de montagne en traction animale.«Maître loyal» de la réunion, il présente les intervenants et anime les débats ». 

M. Guillaume RANDRIAMANPITA: Ex délégué régional du Haras d’Aquitaine. Thème de l’intervention : Introduction et préambule par le cheval de trait dans notre société. Rappel des propos du Colloque 2003. Quelle évolution aujourd’hui, quelle est la situation à ce jour ? 

M. Bernard BOUILHOL : Directeur du Stud Book BretonThème de l’intervention : le cheval breton, le cheval de production viande. Les contradictions de la filière française de viande de cheval. 

M. Luc DELAS : Président de l’association Trait de GénieThème de l’intervention : le loisir attelé se développe de plus en plus. Le cheval de trait deviendrait-il animal de compagnie. Mais cette filière est-elle un débouché en terme de développement ? 

M. Pit SCHLECHTER : Président de la Fédération Européenne de la traction animale (FECTU). Thème de l’intervention : Genèse de cette toute jeune association, son objet et son ambition. Le cheval de trait peut-il être traité à l’échelle européenne et sur quels sujets ? Que font les autres pays de l’Union Européenne sur les sujets et quels sont les moyens mis en œuvre ? 

Association PROMMATA : Association de promotion du machinisme moderne agricole à traction animale. Thème de l’intervention : Genèse de l’association, créée il y a 13 ans et gérée par des agriculteurs dont l’objectif est de donner des outils efficaces aux agriculteurs en agriculture moderne (formation, accompagnement des agriculteurs, défense de la traction animale énergie renouvelable) 

Intervention de M. Olivier COURTHIADE 
   Il rappelle les enjeux cités lors de la conférence de 2003 :
¨ enjeux environnemental du cheval
¨ cheval, animal publicitaire
¨ cheval, mulet, animal sujet à location (prestations de services).

   Olivier COURTHIADE énonce que si les 9 races de chevaux pour la plupart d’entre elles d’origine nordiste, leur utilisation se remarque surtout dans les zones montagneuses (Midi-Pyrénées, Aquitaine, Franche-Comté, Limousin).
   Ensuite, Olivier COURTHIADE présente les intervenants et leur qualité.

Intervention de M. Guillaume RANDRIAMANPITA
« Quelle est l’évolution aujourd’hui du cheval de trait ? 
Quelle en est sa situation ? »
   Il est nécessaire de montrer l’importance du cheval de trait dans la chaîne des Pyrénées. En effet, sur 30 000 saillies effectuées en France, 6 000 sont faites dans les Pyrénées et enregistrent près de 4 000 naissances.

Il est d’abord intéressant de retracer historiquement la fonction du cheval dans notre société : 
- Cheval de guerre, utilisé pour les assauts et la logistique.
- Cheval important pour le développement économique au niveau du travail agricole et des mines.
- Le cheval de traction est passé à cheval à vocation de viande (95% des chevaux des Pyrénées sont destinés à l’abattoir)

   Aujourd’hui, le cheval de trait revient peu à peu pour l’entretien des montagnes, mais la passion pour le cheval ne garantit pas sa pérennité.
   On remarque également des modifications qui remettent le cheval de trait en valeur suivant divers critères :
De nos jours, l’utilisation de chevaux dans l’agriculture est peu répandue, mais elle commence à trouver de plus en plus d’adeptes. En effet, certaines expériences ont prouvées que les conséquences positives sur l’économie sont non négligeables.

Les intérêts de l’utilisation du cheval de trait dans l’agriculture sont multiples. 
   v Son utilisation évite le compactage des sols dû à des engins trop lourds, ce qui permet une meilleure fertilité de la terre et donc un meilleur développement durable. Cette utilisation permet donc de réduire considérablement les coûts de fonctionnement…

v Le consommateur et le citoyen recherchent des systèmes de production respectueux de l’environnement.

   Il est intéressant de s’interroger sur l’évolution de l’utilisation professionnelle du cheval de trait au sein de notre société. Son usage d’ordre économique, culturel et d’entretien des espaces verts est de plus en plus répandu. C’est dans ce but là qu’il n’est pas inutile de retracer le temps lointain où les marchés de la capitale étaient approvisionnés en poisson grâce aux chevaux par l’intermédiaire de la route du poisson.
   Enfin, il est primordial de montrer que le cheval a de plus en plus d’importance au niveau du loisir, par le biais du tourisme et de l’attelage (promenade, parcours d’orientation…).
   Guillaume RANDRIAMANPITA ne s’est pas prononcé sur le fait que l’utilisation du cheval relèverait d’une mode. Par contre, il affirme que notre société a des attentes et que le cheval de trait peut contribuer à y répondre.
   A partir de là, quels accompagnements faut-il prévoir ? Quels sont les acteurs concernés et que peuvent-ils faire ?
Les acteurs institutionnels sont les haras nationaux, les associations de race, associations d’éleveurs et d’utilisateurs, les collectivités…

Quelques interventions attendues de leur part : 
   Travailler sur le modèle de la génétique : l’an passé, à partir d’une étude belge, Emmanuel de Meulanaer indiquait que de plus en plus de chevaux de trait avaient des problèmes de pied rendant difficile leur utilisation à l’attelage. Le passage du trait au lourd a contribué à privilégier la conformation viande plutôt que la robustesse et la rectitude des aplombs. Il faut sans doute être plus volontariste par rapport à ce problème.
   Développer le nombre d’épreuves : il y a encore trop peu d’épreuves d’attelage, et lorsqu’il y en a, les meneurs de chevaux de trait appréhendent d’y participer. Il y a là un travail de promotion et d’animation à faire par les associations, mais il faut peut être également aider à la préparation des jeunes chevaux (testage, débourrage, ferrures, aides à l’équipement…). Des associations peuvent le faire (exemple l’année passée : la banque du cheval de trait du Limousin, présentée par M. Martin) ; les haras nationaux pourraient dans les endroits où cela est nécessaire développer une prestation dans ce sens. Les haras nationaux et la Société des Haras de France peuvent, à la demande prévoir ce type d’épreuve, mais encore faut-il un qu’il y ait assez de participants, ce qui depuis deux ans n’a pas été le cas dans le Sud de l’Aquitaine.
   L’amélioration des parcours touristiques est certainement une voie importante à explorer pour faciliter, et faire progresser l’utilisation des chevaux de trait. Il y a là un travail de réflexion à mener sans doute de manière transversale avec d’autres utilisateurs de sentiers (randonneurs, VTTistes) pour améliorer le développement durable et réaliser des économies autant au niveau des utilisateurs privés que publics. 
Les collectivités doivent être sollicitées dans ce sens mais se positionneront sans doute plus facilement si des propositions concrètes sont formulées.

ü Promouvoir la présence du cheval de trait que ce soit dans les montagnes, dans les villes, dans les clubs équestres… pourrait être une solution adéquate pour régler tous les maux de notre société. En effet, il faut le faire savoir, le cheval peut répondre à des problématiques très variées, dans la mesure où il a des fonctions sociales, environnementales mais aussi en terme d’emploi : maréchaux ferrants, vétérinaires, bourreliers, cochers.

ü Dans un souci de promotion, et de développement du cheval de trait il faut identifier les expériences, et mettre les acteurs en réseau. En effet, il y a finalement des manifestations relativement nombreuses en terme de promotion, de valorisation et d’utilisation des chevaux de trait, et c’est pour cela que l’avancée de l’utilisation du cheval de trait est conditionnée par une mise en relation sur le plan national et même international. Faire connaître ces expériences, faciliter les contacts entre les acteurs est de nature à donner davantage de rayonnement à cet enjeu. Ce sera l’une des actions menées par la « délégation nationale trait et âne » (Jean-François Cottrant)

Intervention de M. BERNARD BOUILHOL
   En tant que Directeur du Stud-Book breton, le cheval breton est un cheval de production de viande. Pour répondre à l’ordre du jour, il est essentiel d’aborder, le problème des contradictions de la filière française des viandes chevalines.
   Importer ce qu’on consomme/exporter ce que l’on produit
   La production nationale est exclue de son propre marché.
   La consommation française est le fait de viandes rouges issues de chevaux de réforme de races de sang (français ou importés), alors que la production française de viande jeune issue des races de trait est quasi exclusivement exportée sur le marché italien.
   Ce produit s’est donc, de fait, vu exclure de son propre marché. 
   Les initiatives visant à l’intégrer à la consommation nationale n’ont pas eu de suite ou sont restées confidentielles.
   Elles n’ont jamais fait l’objet de partenariat sérieux avec les opérateurs de l’aval (Marché aval c’est à dire les distributeurs de viande chevaline, et les détaillants), et ont en général été le fait d’initiatives des seuls producteurs. 
   En agissant ainsi, les différents opérateurs (producteurs, grossistes, détaillants distributeurs), à tous les stades de la filière, évitent de se poser les problèmes qu’ils ont en commun En effet, existe-t-il une adaptation du produit à la demande plus efficace, la communication sur le produit est-elle adéquate pour lutter contre la chute de la consommation, questions que les groupes de producteurs, et de vendeurs devraient se poser ensemble pour aboutir à une réponse significative.
   L’illustration la plus patente est l’inadaptation des intermédiaires de la filière des viandes chevalines aux préoccupations des producteurs, et son absence de réaction face à la situation actuelle du marché.

Vouloir concurrencer un déchet avec un produit
   Si la viande de cheval participe inégalement aux échanges mondiaux, elle a, de plus, un statut inégal au regard de la culture des différents pays. 
   Certains pays (république de Mongolie) sont à la fois d’importants consommateurs, et de gros producteurs, mais ne participent que très peu aux échanges.
   Quelques rares pays : France, Bénélux, Italie, Japon, sont déficitaires en viande de cheval, et doivent recourir à des flux d’importation.
   De nombreux pays (en particulier d’Amérique du sud) sont faiblement consommateurs et donc exportateurs nets.
   Enfin, dans les pays de tradition anglo-saxonne : Grande Bretagne, Etats-Unis, Australie, Nouvelle Zélande, la viande de cheval n’est pas destinée à la consommation humaine. 
   La production issue de la réforme des chevaux de sport, de loisir ou de travail, n’a donc d’autre valeur que celle que lui accorde l’industrie du pet food ou le consommateur européen (animal loisir).
   On mesure donc la difficulté qu’il y a, en France, à vouloir produire de la viande chevaline, alors que son statut, dans les échanges internationaux, est plutôt celui d’un sous-produit, pour ne pas dire d’un déchet.
   Imaginons ce que deviendraient des régions entières d’élevage (Aubrac, charolais.. etc.) si les viandes bovines d’Amérique du Sud accédaient avec autant de facilité au marché français ...
   Enfin, il convient aussi de rappeler que la viande de cheval, tant au plan national qu’au plan communautaire : 

- Est importée des pays tiers pratiquement sans droit de douane, ne fait pas l’objet de prélèvement, n’est pas contingentée et bénéficie d’une législation sanitaire plutôt bienveillante.
- Ne fait pas l’objet d’organisation commune de marché (OCM) au sein de l’Union Européenne

   Ce produit a été le premier à être soumis à la mondialisation des échanges, dès la fin des années 60 (Kennedy round des accords du GATT).
   D’autre part on remarque que le cheval ayant amorti ses coûts de production par d’autres activités, (compétition, course, travail, loisir..) le produit carné ne supporte pas d’autre coût que les frais d’abattage et de transport, ce qui représente un atout pour les producteurs de chevaux de trait.

Elever des chevaux de trait et non produire de la viande chevaline
   Alors que, dans d’autres productions, les éleveurs français font preuve d’un professionnalisme et d’une technicité remarquables, l’activité de production de viande chevaline n’apparaît pas franchement évidente à bien des égards.
   Alors qu’on soit ‘’producteur de lait’’, ‘’céréalier’’ etc ..., on ‘’élève des chevaux de trait, et je n’ai personnellement jamais rencontré de ‘’producteur de viande chevaline’’.
   L’impression que l’on peut en avoir est que le poulain qui naît de temps en temps, et auquel il faut bien trouver une destination, ne serait que le sous-produit d’une activité culturelle, ou de loisir ...
   Ce sous produit correspond ‘’par hasard’’ à un débouché identifié sur le marché italien, mais il ne fait pas l’objet d’une démarche de production raisonnée en France.
   Les schémas de sélection des stud-book de chevaux de trait (si tant est qu’ils existent) ne font que très rarement référence à la destination bouchère des animaux.
   Bien plus, il est permis de se demander si les races de chevaux lourds sont les plus appropriées à une production économique de viande chevaline, ou bien si d’autres types génétiques sont plus appropriés. 

Communiquer sur l’affectif et le patrimonial au lieu de communiquer sur le produit carné.
   La belle manifestation de ce week-end (journées des Tables Rondes) en est le parfait exemple, la filière ‘’cheval de trait’’ communique de plus en plus et s’attire la sympathie du public.
   A de rares exceptions près, elle a choisi de communiquer surtout sur le patrimonial, le culturel, le traditionnel... et pas du tout sur le produit carné.
   Il me semble que plus on communique sur le premier aspect, plus on aura de mal à promouvoir le second.
   Dans le même temps, l’aval de la filière s’abstient de faire la promotion de ses produits par peur de choquer les non consommateurs ou de s’attirer les foudres des personnes opposées à la consommation. Il s’accommode par ailleurs très bien de l’absence d’informations sur la provenance des viandes.

   Ainsi, et alors même qu’elle est de moins en moins proposée aux consommateurs, la viande de cheval communique de moins en moins, donnant l’impression d’un produit confidentiel, presque vendu ‘’sous le manteau’’ 
   Dans un contexte de concurrence intra viandes de plus en plus forte où le consommateur dispose l’un choix pratiquement infini, cette stratégie (absence de transparence sur la provenance du cheval) semble difficilement compréhensible.

Laisser se détériorer l’organisation économique.
   Au début des années 80, entre 20 et 25 groupements de producteurs intervenaient dans le domaine de la commercialisation et de l’organisation de la production de poulains.
   Ils sont aujourd’hui moins de 5 et l’organisation économique des producteurs est absente dans des régions entières de production de poulains. On peut donc constater que la structure du marché est devenue en 20 ans plus oligopolistique.
   Alors que ce sont les éleveurs français qui ont créé de toutes pièces, il y a 25 ans, un débouché pour leurs poulains sur le marché italien, celui-ci est aujourd’hui entre les mains de quelques exportateurs, et les engraisseurs espagnols leur ont ravi des parts de marché non négligeables.
   Bernard BOUILHOL affirme que, s’il semble souffrir d’un certain nombre de handicaps, le marché de la consommation humaine constitue encore aujourd’hui le principal débouché solvable pour la production de notre cheptel de chevaux lourds.
   Les différents domaines d’utilisation (animal viande, loisir, ou outil de travail), aussi intéressants et sympathiques qu’ils soient, représentent un débouché encore très largement minoritaire en terme de volume pour la production française, et semblent difficilement accessibles à la plupart des producteurs. Ils n’apportent pas de plus value supplémentaire aux éleveurs.

Intervention de M. Pit SCHLECHTER
Historique
   Le 1er décembre 1994 Charlie Pinney, agriculteur et constructeur de machines hippomobiles anglais, personnalité bien connue dans le monde de la traction animale, envoyait une lettre à des personnes importantes dans différents pays pour créer une association internationale qui défendrait les intérêts des utilisateurs de la traction animale au niveau européen.
   Suite à une réunion, tous étaient d’accord pour publier un accord (le manifeste). Malheureusement, le questionnaire qui était diffusé avec le manifeste se révélait être le piège, dans lequel le projet allait échouer. Une foule d’associations et d’individus répondaient à l’appel, dans différents pays, avec les attentes et les motivations les plus diverses. Il avait été assez illusoire de vouloir monter du jour au lendemain quelque chose d’entièrement nouveau. Ne fallait-il pas plutôt se servir raisonnablement des structures existantes (associations, revues, manifestations) afin d’avancer vers la construction d’une association européenne. Le 24 février 2001 un courrier a été adressé aux présidents de l’IGZ en Allemagne et de TRAITS DE GENIE en France, suggérant un partenariat entre ces deux associations. Cette collaboration allait pouvoir devenir le noyau d’un réseau autour duquel se rassembleraient à fur et à mesure d’autres partenaires.

Pourquoi l’IGZ et TRAITS DE GENIE?
è Les deux organisations sont représentatives sur le plan national.
è Elles ont un nombre comparable d’adhérents.
è Elles ont démontré depuis plusieurs années qu’elles défendent les intérêts du cheval de trait.
è Elles ont de l’expérience en ce qui concerne l’organisation de grandes manifestations.
è Elles publient un magazine comparable.
è Elles présentent des structures similaires avec des groupes de travail régionaux respectivement thématiques.

   La réaction a été très positive de part et d’autre, les présidents des associations se sont rencontrés à deux reprises. Une convention de coopération a été signée le 2 décembre 2001 à Paris lors du Salon du Cheval. Le président du stud-book ardennais luxembourgeois était chargé de coordonner l’application de la convention et notamment de préparer une définition des objets, missions et statuts d’une association européenne du Cheval de Trait pour la fin de l’année 2002.
   Début 2003, dans un objectif de création d’une fédération européenne, la nécessité de constituer une liste d’invité était de rigueur. Mais qui inviter?
   D’une part il était important que les différents pays soit représentés ainsi que toute la gamme des utilisations du cheval de trait. D’autre part il fallait tenir compte du fait que chaque intervention, chaque question, chaque réponse devrait être traduite dans deux autres langues et que le nombre des invités ne devrait donc en aucun cas dépasser la douzaine. 

Finalement la réunion du 24 mai 2004 au Luxembourg rassemblait:
Allemagne * IGZ Interessengemeinschaft Zugpferde
Autriche * Interessensgemeinschaft Kaltblutpferde Oesterreich
Belgique * Comité Européen des Chevaux de Débardage
* Jut en Aer
France * Traits de Génie
* Hippotese
Grande-Bretagne * Southern Counties Heavy Horse Association
Suède * Skogshästen
*Brukshästorganisationernas Sammarbetskommitte

Charlie Pinney, Manu de Meulenaer, Pit Schlechter ( membre de la FECTU)

   A la fin de cette table-ronde préliminaire, il suffisait d’apporter aux statuts proposés les amendements décidés et de préparer l’assemblée constitutive qui a eu lieu au Luxembourg le 2 novembre 2003.

L’objet de la FECTU  
(Fédération Européenne du Cheval de Trait pour la promotion de son Utilisation) tel qu’il est défini dans les statuts:

La fédération européenne a pour objet:
¨ D’encourager la coopération des organisations qui s’engagent en Europe pour la défense et l’utilisation des chevaux et autres animaux de trait.
¨ De représenter dans le cadre des statuts l’ensemble des organisations membres.
¨ De promouvoir et de défendre leurs intérêts communs dans le respect de l’autonomie et des particularités de chaque association membre.
   Elle participera ainsi à la sauvegarde d’un patrimoine européen et à la promotion de méthodes de travail et d’activités de loisir respectueuses de l’animal, de l’homme et de son environnement.
Elle appuie toutes les initiatives des associations membres qui cherchent à promouvoir et à rendre plus efficaces l’utilisation des animaux de trait.

¨ Garantira voire améliore a le bien-être de ces derniers.

Difficultés
v Les différences linguistiques
Toutes les communications de la FECTU sont formulées en français, en allemand et en anglais.

v Les distances géographiques
Impliquent des déplacements pénibles et onéreux.

v Les différences socioculturelles
   L’attitude vis-à-vis du cheval n’est pas du tout homogène, ni pour les couches sociales d’un même pays, ni pour les différents pays de l’Union Européenne. Au même moment que les pays de l’Europe occidentale s’efforcent à faire revivre le cheval de trait comme source d’énergie de l’avenir. En ce qui concerne les utilisateurs des pays de l’Est, ils espèrent les remplacer le plus tôt possible par des tracteurs.
   Pour le fonctionnement d’une Fédération internationale une autre différence culturelle peut donner du fil à retordre : l’approche opposée des cultures germaniques et romanes au niveau de l’organisation et de la gestion. 

v Les professionnels et les amateurs
   Les utilisateurs non-professionnels, de par leur nombre et leur impact médiatique, peuvent avoir une influence très importante sur la perception du cheval de trait par le grand public. Ceci peut avoir des conséquences positives pour les utilisateurs professionnels, si les présentations des amateurs sont impeccables. Mais les conséquences sont malheureusement tout aussi néfastes dans le cas contraire.
   Assez souvent aussi les professionnels se plaignent de la concurrence déloyale des amateurs, par exemple au niveau des services offerts par les cochers.

v Les éleveurs et les utilisateurs
   Dans les pays à tradition hippophagique, la France et la Belgique par exemple, la relation étroite entre l’élevage et l’utilisation a été interrompue après la motorisation de l’agriculture. L’aptitude au travail des chevaux produits s’est fortement dégradée. Heureusement les efforts pour rétablir la relation entre éleveurs et utilisateurs se multiplient.

v La définition du Cheval de Trait
   La FECTU s’interroge sur la définition du cheval de trait. Une discussion répétée régulièrement par exemple, à la vue des races participant à la Route du Poisson. Est-ce qu’un poney n’est pas un cheval de trait? Est-ce qu’un Shire Horse est vraiment un cheval de trait? Tout dépend de l’utilisation. Mais quelle utilisation ?

v La panoplie des utilisations 
   Le cheval de trait est utilisé pour :
Ø produire du lait de jument
Ø participer à des concours d’attelage
Ø travailler dans les champs et les forêts
Ø faire de la publicité
Ø réaliser l’insertion de jeunes marginaux 
Ø promener les touristes
Ø entretenir les espaces naturels
Ø produire de la viande.

Comment fonctionne la FECTU ?
   La FECTU sert de relais pour les informations et les services entre les associations affiliées et les associations membres.En même temps elle s’efforce à faire connaître ses objectifs et ses moyens, ses revendications et ses recommandations auprès des responsables politiques, des administrations, des institutions, des organisations intéressés ou concernés et auprès du grand public.La FECTU assume en outre la fonction d’enregistrer et de réagir dans le cadre de ses statuts à toutes les informations, les demandes, les évolutions et les tendances qui pourraient concerner ses membres.

Exemples
1er exemple
   Le docteur Reinhard Scharnhölz, président de l’IGZ, qui elle représente les utilisateurs allemands au sein de la FECTU, avait rédigé une prise de position vis-à-vis de la nouvelle législation européenne au sujet des transports d’animaux. En effet cette réglementation contenait quelques détails inacceptables respectivement dénués de sens. La FECTU a décidé d’adopter et d’appuyer la position de l’association allemande, donnant ainsi un poids politique beaucoup plus important au doléances avancées.

2e exemple
   En mars dernier l’association des jeunes agriculteurs suédois avait invité les Danois, les Norvégiens, les Anglais et les Allemands à une réunion qui avait pour objet de formuler un règlement uniforme pour les concours internationaux de labour à plat avec des équidés. A noter que les charrues réversibles ne sont pas très répandues au Nord de l’Europe. La FECTU était invitée à participer aux discussions et au mois de juin elle a organisé une réunion similaire concernant les concours avec des charrues réversibles, plus utilisées au Bénélux et en France. Nous disposons donc d’une réglementation qui permettra d’organiser un premier championnat européen de labour avec des équidés dans deux ans. L’association HIPPOTESE a annoncé vouloir intégrer ce championnat à la “2éme Route du Vin et du Comté”.

Intervention de M. Luc DELAS
   L’association Trait de Génie compte 1100 adhérents au niveau national qui se réunissent afin de chercher des solutions sur le développement du cheval de trait.

Son action se détermine par :
- une liaison entre utilisateurs et éleveurs de chevaux de trait.
- une revalorisation de l’image du cheval de trait.

   D’autre part écarter le cheval de trait, consiste à le considérer comme un sous-produit. Peut-être produit par partenariat, surtout afin que sa communication dans les médias et hors média soit favorisée. Par contre, on remarque que le percheron et le comtois sont très adaptés au commerce. Cette recherche d’amélioration de la communication passe par l’obligation de redorer l’image du cheval de trait traditionnel.
   La filière du loisir et du travail attelé est-elle un débouché en terme de développement? La nécessité de parler sur l’avenir du cheval est logique. En effet plus on organise de manifestation autour du cheval, plus les médias s’empresseront de communiquer sur le sujet. Il faut donc lier les éleveurs et les utilisateurs pour remédier à ce désir.

Il faut rappeler que 75 % des habitants de la France vivent dans des zones urbaines. 
De ce constat se dégage quelques observations :
- Le marché de la viande est une nécessité,
- La rupture culturelle : l’image du cheval de trait est passéiste.

Pour redonner un élan à l’avenir du cheval de trait, il faut :
- sensibiliser le grand public car c’est un patrimoine vivant domestique un peu en disparition,
- réintégrer le cheval de trait en ville (viande, loisir, travail…),
- effacer l’image du cheval lourd travailleur,
- convaincre les collectivités locales de développer le cheval de trait comme outils de travail. 

   Cependant, certaines filières à part entière ont une réelle place dans l’économie, mais le problème est qu‘on ne les fait pas valoir (harnais, attelage, maréchal…).
   Par contre l’utilisation moderne du cheval de trait comporte une incohérence. En effet, les gens veulent avoir des chevaux vieux et plus sûr, mais le problème est que les éleveurs attendent 3 ans pour débourrer un cheval, sans être sûr du marché qu’il y a derrière.
   Cette association a créé un magazine trimestriel «Sabots». Les témoignages ont été écrits par des volontaires adhérents à l’association. Mais la réédition de ce magazine est en danger car il n’est pas assez rentable, et les coûts de parution sont très élevés. Malgré le soutien de nombreux éleveurs, sa longévité n’est pas assurée.

Intervention de PROMMATA
PROMMATA a été créée dans le but de combler un manque de matériel agricole dans l’utilisation de la traction animale. 

Le but de PROMMATA est de :
- développer une agriculture durable grâce à des outils légers et simples. Mais son action ne se limite pas à la France ni aux seuls chevaux de Trait. En effet, elle crée des outils de traction animale afin de faciliter l’agriculture dans les pays en voie de développement.
- Réhabiliter les animaux de trait à une autre façon de cultiver la terre.

   Cette association est plus demandée qu’elle ne propose, ce qui prouve son importance à l’heure actuelle concernant la traction animale. De nos jours, il est important de noter un essor de l’agriculture sans machine et le rééquilibrage de la divergence (traction et tracteur).
Ces actions permettent donc d’établir un libre échange plus juste du fait de leur geste dans les pays en voie de développement, d’avoir un enjeu écologique en France, si le cheval de Trait est petit à petit réintégré dans l’agriculture, ainsi que de jouer une action importante dans la vie économique.
   PROMMATA fabrique donc des matériaux (assez légers), et donne des conseils au sujet de l’agriculture à traction animale. Son outillage est lié à de nouvelles idées culturelles. Ces outils sont basés sur le système de porte outils, qui est le développement d’un nouveau système, qui correspond aux pays en voie de développement du à un faible investi
   PROMMATA, pour son activité se compose de plusieurs stagiaires (locaux et jeunes agriculteurs venues pour se former) qui aident à la réalisation d’outils.
   Le constat de la traction animale est alarmiste car on constate une diminution de ces matériaux. Cependant, cet enjeu commence à se dresser dans l’esprit du grand public, même si cette activité représente une minorité.

   Enfin il est n’est pas inutile de rappeler que PROMMATA élabore un prototype, qui est testé en France (pour principalement les pays comme la France), pour des vignes à rangs serrés.

   Remerciements de M. Olivier COURTHIADE, animateur de la conférence à Cathy TOUREILLE (Directrice de l’Office du Tourisme du Val d’Azun), et à la Maison du Val d’Azun.


Document aimablement communiqué par la Maison du Val d'Azun, 65400 ARRENS MARSOUS
Tél: 05 62 97 49 49   Fax: 05 62 97 49 45
http://www.valdazun.com 

Dernière mise à jour: jeudi 07 juin 2007