I.F.C.E.
Institut Français du Cheval et de l'Equitation


Le maire de Saumur président du CA de l'IFCE - L'Eperon - 21 décembre 2016
   La rumeur, qui circulait depuis déjà quelques semaines, a été officialisée le 17 décembre. Jean-Michel Marchand, maire de Saumur, est le nouveau président du Conseil d'Administration de l'IFCE (Institut français du cheval et de l’équitation). Il remplace Olivier Klein, proche de la FFE.
Le 7 décembre, un arrêté portait nomination des membres au conseil d'administration de l'Ifce "en qualité de personnalités qualifiées", avec en tête de liste Jean-Michel Marchand. Toutefois, il aura fallu attendre le décret officiel du Président de la République du 16 décembre pour avoir confirmation de sa nomination au poste de président. Le nouveau conseil d’administration, pour partie renouvelé, se compose de 22 membres dont 7 représentants de l’Etat, 4 représentants du personnel et de 11 personnalités.
   Jean-Michel Marchand a été maire de Saumur de 2001 à 2008, puis réélu en 2014. Il est également vice-président de la Communauté d'Agglomération Saumur Loire Développement. Professeur d'Enseignement Général des Collèges, il a exercé de 1992 à 1997 comme principal de collège en Mayenne, puis en Maine et Loire.
   Joint par téléphone, le nouveau président précise les conditions de sa nomination. "L'IFCE et le Cadre Noir sont passés par des moments difficiles suite au rapport de la Cour des Comptes (publié le 10 février 2016, et dont le chapitre consacré à l'IFCE était carrément titré "L'Institut français du cheval et de l'équitation : une réforme mal conduite, une extinction à programmer", ndlr). Nous travaillons sur ce dossier avec le directeur de l'IFCE, le directeur de l'ENE, l'ex président du conseil d'administration, Olivier Klein, mais aussi avec les collectivités territoriales. En parallèle, une inspection ministérielle est actuellement diligentée. Au cours d'une réunion où l'atmosphère était légèrement tendue, j'ai suggéré qu'un élu local préside ce conseil d'administration. On est revenu vers moi plus tard pour que je confirme mes propos. Ensuite, ma candidature est montée dans les ministères, et nous en sommes arrivés à ma nomination."
   Parmi les dossiers qui tiennent particulièrement à cœur à Jean-Michel Marchand, la préservation des races locales (y compris rares) sur le territoire français, et la défense de toute la filière cheval, dont le statut agricole de ses acteurs. Il le souligne "L'IFCE est basé à Saumur, l'ensemble de l'institution, à savoir l'Ecole Nationale d'Equitation et ses cadres qui forment le Cadre Noir, ainsi que les Haras Nationaux est indissociable, il s'agit d'une décision gouvernementale dont nous héritons. En revanche, il faut que le Cadre Noir soit une vitrine de l'équitation de tradition française. Il faut donc retravailler sur ses galas et présentations, même si les écuyers produisent un travail de grande qualité, ils ont du mal à s'exporter. Nous devons impliquer de vrais professionnels de la production de spectacles. D'autre part, je vais m'attacher particulièrement à développer le volet recherche et développement, en lui donnant une portée internationale, et en créant des liens avec les chercheurs du monde entier. Nous devons par exemple nous positionner dans des pays comme la Chine pour y développer l'équitation de haut niveau avec comme objectif les prochains Jeux Mondiaux et les prochains Jeux Olympiques. Nous devons également travailler de manière très étroite avec la Fédération Française d'Equitation qui a proposé au ministère de prendre l'ENE en délégation de service public. Ce n'est pas souhaitable, car notamment dans ce projet se posait le problème de l'avenir des Haras et de l'IFCE. Nous avons un gros travail à mener avec tous les membres du Conseil d'Administration, et avec le nouveau directeur (remplaçant de Christian Vanier) qui sera nommé au plus tard début janvier."
   Jean-Michel Marchand est conscient de l'impact que représente le site de Saumur pour sa ville. "La filière équestre, tous métiers confondus, représente sur le grand Saumurois, qui regroupe 100 000 habitants, 2100 emplois directs et indirects. C'est très important. C'est un atout extraordinaire pour la ville. Il nous faut trouver un système de gouvernance avec l'Etat, les collectivités locales, la Fédération Française d'Equitation, et les privés qui souhaitent utiliser les installations. Nous devons ouvrir l'Ecole à des apprenants, mais aussi mieux utiliser les structures dont nous disposons et qui appartiennent à l'Etat, comme l'hippodrome de Verrie, ou la place du Chardonnet à Saumur, qui serait un site idéal pour organiser des événements équestres."
   Jean-Michel Marchand, affilié au Parti radical de gauche, le précise également avec vigueur, "nous allons travailler main dans la main avec tout le monde, dans l'intérêt de la ville de Saumur et de la région, y compris avec Bruno Retailleau (sénateur de Vendée, président du groupe Les Républicains au Sénat et président du conseil régional des Pays de la Loire depuis le 18 décembre 2015) même si nous ne sommes pas de la même sensibilité politique." Dans l'immédiat, le nouveau président, qui tenait sa première réunion ce matin même, envisage de faire le tour des différents établissements de France pour évaluer la situation.

Sont également nommés, pour le secteur de l'agriculture,
   Louis Romanet,membre du Conseil d'administration de l'Ifce depuis 2013, qui a été directeur général de France Galop de 1998 à décembre 2007. Depuis, il conseille le président de l'institution pour les Affaires Internationales. Il a également été réélu pour trois ans à la présidence de la Fédération Internationale des Autorités Hippiques qui regroupe 57 pays, et préside le comité de promotion des courses et de l'élevage français (FRBC).
   Jean Lesne, également membre du CA depuis 2013, est reconduit dans ses fonctions. Eleveur, entraîneur et driveur de chevaux de trot, il a exercé de nombreuses responsabilités au sein de l'association du Cheval Français (courses de trot), a présidé le conseil d’administration des Haras nationaux de 2002 à 2010, puis a été élu président du conseil d'administration du GIP France-Haras, créé pour le transfert de l’étalonnage public vers le privé.
   Odile Audinot, personnalité exerçant dans le secteur de l'élevage des équidés de sports et de loisirs, est gérante d'une écurie, secrétaire générale de la Fédération Nationale du Cheval et vice-présidente de la commission cheval à la FDSEA.
   Véronique Monteil, membre du Conseil d'administration de l'Ifce depuis 2013, exerce ses activités dans le secteur de l'élevage des chevaux de trait et des races asines. Eleveuse de poneys landais, elle préside l’Association Nationale du Poney Landais et assure la vice-présidence de la SFET (Société Française des Équidés de Travail)

Sont nommés pour le secteur des sports :
   Olivier Klein (ex président du Conseil d'Administrationde 2013 à 2016),administrateur de la Fédération française d’équitation depuis 1985. Ingénieur de formation (Polytechnique, Ponts, Massachusetts Institute of Technology), il est directeur général du groupe de distribution Primistères-Reynoird, spécialiste de la distribution alimentaire outre-mer depuis plus de 130 ans.
   Thierry Gausseron, diplomé de l'Ecole navale, est inspecteur général des affaires sociales, administrateur général de l'Etablissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles. Il est également éleveur de chevaux de race Selle Français. Il a intégré le Conseil d'administration de l'Ifce en mai 2016.
   Pascale BOUTET, ex cavalière internationale de concours complet, présélectionnée en 1988 pour les JO de Séoul, instructrice d’équitation, dirige une écurie privée près de Loches (37). Elle a encadré l'équipe du Tibet pour les jeux chinois de Liaoning en 2013 (médaille d’argent). Elle est membre du comité de la Fédération française d’équitation depuis 2008 en qualité d'athlète de haut niveau CCE et représente la Fédération à la commission de lutte contre le dopage.
   Sophie Dubourg, directrice technique nationale de la Fédération française d'équitation, rejoint le Conseil d'Administration de l'IFCE en tant que représentante de l'Etat désignée par le ministre chargé des sports.
                            Béatrice Fletcher

Rapport de la Cour des comptes AFP
La Cour des comptes préconise de supprimer l'Institut français du cheval
   Paris, 10 fév 2016 (AFP) - La Cour des comptes a recommandé, dans son rapport annuel publié mercredi, la suppression de l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE), qui n'a, selon elle, atteint aucun des objectifs donnés par l'Etat lors de sa création.
   La Cour préconnise de « supprimer l'IFCE en organisant la dévolution des activités de service public qui y subsistent entre les ministères respectivement chargés de l'agriculture et des sports, voire le Haras national du Pin » ; et d'organiser « la réaffectation des personnels » et « la cession du patrimoine immobilier » de l'IFCE, écrit la Cour dans ce rapport.
   La fusion en 2010 de l'établissement public « Les Haras nationaux » (EPHN) et de l'Ecole nationale d'équitation (ENE) de Saumur « apparaît comme l'illustration d'une réforme de l'État mal conçue, mal préparée et mal conduite », souligne la Cour. « La pertinence de la fusion, cinq ans après la création de l'IFCE, n'est pas démontrée. Le constat qui peut être dressé aujourd'hui est celui d'une disproportion coûteuse pour les finances publiques entre, d'un côté, les ressources humaines et le patrimoine immobilier dont dispose l'IFCE, et, de l'autre, les missions de service public qui subsistent. Sa situation n'est pas viable », ajoute-t-elle.
Le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports a considéré que cette proposition de supprimer l'IFC n'était aujourd'hui « ni envisageable, ni opérationnelle au moment où l'établissement est entré de façon concrète dans une phase de profonde évolution ».
   « Il convient en outre d'observer que le Cadre noir (de Saumur qui forme le corps enseignant de l'Ecole nationale d'Equitation, ndlr) ne saurait être géré par une administration, qu'elle soit centrale ou déconcentrée », a-t-il ajouté.

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Remède de cheval pour le service public des équidés (Le Dauphiné)
   Fusionnant les haras nationaux créés par Colbert au XVIIe siècle et l’école nationale d’équitation, l’État a décidé en 2007 de créer l’institut français du cheval et de l’équitation pour « développer l’élevage français, garantir la démocratisation de l’équitation, conforter le renom sportif de la France par des succès équestres internationaux ».

Aucun des objectifs n'a été atteint
   Aucun de ces objectifs n’a été atteint jusqu’à présent, si ce n’est le développement de l’équitation de loisir, « qui s’est réalisé sans intervention de l’État » constate sévèrement la Cour des comptes. Personnel inadapté aux missions, locaux et propriétés terriennes démesurés, subventions sans cesse majorées de l’Etat (50M€) cette année. La solution : fermer l’institut français du cheval et recentrer les missions de service public autour d’un ministère et d’un grand Haras comme celui du Pin dans l’Orne.
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La Lettre : Institut Français du cheval et de l'équitation (I.F.C.E.) anciennement Haras royaux puis nationaux
* Un peu d'histoire :
   Cet organisme étatique était promis à une disparition à des fins d'économies budgétaires. La décision a été prise sous la Présidence de la République précédente. On a procédé au mariage contre nature des Haras nationaux avec le Cadre Noir. Un genre d'union moderne de Laurel et Hardi. La suite le démontre.
Cette éventualité avait été préannoncée auparavant avec le retrait progressif des Haras nationaux des coûteux services d'étalonnages. Orientation confirmée par la baisse considérable de l'utilisation de ce service par les utilisateurs habituels.
   Les coûts très élevés de l'élevage des étalons traits dans des établissements dispersés dans nos campagnes et la faiblesse des recettes le justifient pleinement. Ce qui a été ensuite incroyable est une recréation par certaines races de centres pour rééditer ce coûteux service. Le domaine spécialisé pour le Trait du Nord à Saint-Amand-les-Eaux (59) en est une onéreuse démonstration. Cet établissement recherche, donateurs, sponsors et pluies d'euros qui tombent du ciel pour ne servir à rien.
Cette inconséquence représente une concurrence mortelle pour l'étalonnage privé. Les nécessités d'un certain contrôle de la reproduction auraient pu être économiquement résolues en utilisant les étalonniers privés. Moins cher et qui aurait apporté un supplément économique à une activité non rentable qui perdure que grâce aux goûts de disposer d'animaux qui présentent des caractéristiques physiques flatteuses.
   La gestion économique est en berne !
   On est en train de faire bien pire du côté du trait Boulonnais.

   On a ensuite tenté de vendre les établissements artistiques qui hébergent les Haras nationaux.
   Le Haras national de Compiègne a ouvert le bal. En 2016, cet établissement est toujours le siège d'un Haras de l'I.F.C.E. Ces coûteuses constructions représentent des charges d'entretiens très élevées...
   Il en est à peu près de même pour les autres établissements.
   Les Haras de Strasbourg ont changé de nature en étant repris par la ville, etc... Un Haras neuf a été construit à proximité.

   Tout le reste reste à vendre. On a donc créé un nouvel organisme France-Haras qui est chargé de procéder au démembrement.
   Ou il y avait deux organismes coûteux, il y en a maintenant trois. Cette méthode est de tradition pour réaliser les économies étatiques.
   France-Haras peut se prévaloir d'un grand succès puisqu'elle est parvenue à vendre la plupart des étalons qui étaient élevés par les anciens Haras nationaux aux organismes gestionnaires des races.
   Celles-ci ne disposent pas de moyens financiers. Par contre les étalons qui ont fait l'objet de la transaction ont déjà été achetés et payés par les contribuables français et peuvent être européens. Les Haras n'en sont que l'organisme éleveurs. Les organismes officiels qui ont la charge de l'éventuelle sauvegarde des neuf races de chevaux de trait français auraient du en recevoir la charge de la continuité d'utilisation. Les propriétaires collectifs restant les contribuables.
   C'est ce que la Lettre a défendu. C'est une défense inespérée, isolée et gratuite des intérêts des races de trait. Ça n'a pas plus à tout le monde.
   La gestion économique est en berne !

* Activités :
   Après avoir été les pourvoyeurs des chevaux utilisés par les armées royales, impériales et républicaines, les Haras nationaux sont devenus le bras exécutif du ministère de l'Agriculture. À ce titre, elle a été très longtemps un organisme uniquement dépensier.
   Après la prise de décision de sa disparition, elle a perdu ce rôle de distributeur de moyens financiers. On a commencé à souhaiter qu'à défaut d'assurer elle même l'équilibre de ses moyens d'existence, elle s'en crée de nouvelles activités rémunératrices.
   Elle s'est tournée vers l'élevage et l'utilisation des chevaux légers.
   Le privé dispose de compétences et de moyens les plus modernes et les entretient. Elle n'a donc pas un besoin impérieux de nouveaux services.
   Côté chevaux de trait, elle a créé un organisme vers l'est de la France qui devait apporter un support technique à la création de services de chevaux municipaux en ville. Cet organisme a survécu quelque temps et il est maintenant disparu.
   Un livre a été rédigé avec une association spontanée qui devait éclairer cette spécialité en espérance.
   Cette spécialité qui est actuellement desservie par diverses organisations qui ont pratiquement toutes le défaut de n'y rien connaître. Chacune oeuvre dans son petit coin.
   Une organisation dispersée sans buts ni programme.
   La devait disparaître
 


 

Dernière mise à jour : jeudi 22 décembre 2016