Hippophagie
Dossier technique

 

   La boucherie chevaline est une production qui est très rarement abordée pour ne pas dire cachée.
   C'est cependant un sujet très important pour le cheval de trait. C'est son seul revenu permanent.
   La crise qui a relenti les exportations est particulièrement ressentie dans les élevages de Franche-Comté, du Massif-Central et Bretagne, etc...

   Les exportations françaises sont concurrencées par les productions d'Europe Centrale. Nous sommes trop chers. Nos élevages sont trop petits.
   Un effort de rationalisation devrait être rapidement lancé.

   Ce texte est une reprise d'un ancien journal.
   Je l'ai complété avec un extrait du compte-rendu de la dernière assemblée générale du trait Comtois.
   On y trouve la mention que la viande rose de poulain ne plaît pas au consommateur français.

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La viande de cheval
Le cheval de trait producteur de viande

* Notre chaire B.B. :
   Viande de cheval : la colère de Brigitte Bardot viande de cheval lotois (Bernard-Hugues Saint-Paul 13/10/2011) (1)
« Monstre », « Vous me dégoûtez », « Ignoble ». C'est en des termes violents, que Brigitte Bardot, vient d'écrire à Béatrice Marmiesse, présidente de l'association pour la promotion de l'élevage et l'utilisation du cheval de trait du Lot. Objet de cette ire : le projet de création à Saint-Germain-du-Bel-Air, d'un atelier de découpe de viande de cheval, pour une vente directe de colis de 6 kg de viande de poulains de 18 mois, nés et élevés dans Lot et abattus à Montauban (lire « La Dépêche du Midi » du 27 septembre). « L'être humain est d'après le Larousse ''sensible à la pitié, bienfaisant, secourable'' donc vous n'en faites pas partie et vous êtes un monstre. Qui a transformé son territoire en atelier de découpe pour chevaux.
   […] Je ferai mon possible pour que ce scandale vous éclabousse du sang de ces pauvres bêtes dont vous êtes l'immonde assassin par procuration. Comment pou-vez-vous survivre face à l'agonie épouvantable des animaux que vous sacrifiez ? »[…] Je souhaite qu'un jour vous subissiez ce que vous faites subir aux chevaux via votre immonde association », tempête BB dans son courrier (nous avons sollicité une interview qui a été refusée N.D.L.R.).

Trouver une solution à la crise
   De son côté, Béatrice Marmiesse ne souhaite pas commenter les termes du courrier et préfère s'en tenir au débat : « Des Lotois consomment de la viande de che-val. Il vaut mieux avoir des chevaux avec de bonnes conditions d'élevage, de transport et d'abattage que de la viande avec des conditions non connues. C'est la même chose avec la viande de vache ou de mouton. Pour ma part, je ne fais pas abattre mes chevaux. Je préside une association qui a travaillé sur des programmes de for-mation des éleveurs pour orienter les chevaux vers les loisirs. Certains ne sont pas intéressés par cette orientation et s'en tiennent à la viande. La filière connaît une cri-se, il faut bien trouver une solution ».

De la viande de cheval lotois en vente directe
L'Association pour la promotion de l'élevage et l'utilisation du cheval de trait du Lot concrétisera, en octobre, son projet d'atelier de découpe et de vente directe de viande de cheval.
«Beaucoup plus de gens qu'on le croit aiment manger de la viande de cheval. Mais ils n'osent pas le dire...


Le trait Breton est un cheval de fort développement musculaire. sur une ossature sans excès. Cette particularité
le rend intéressant pour le débouchéboucherie. Son commerce à l’exportation boucher explique que cette race
très typée dispose encore d’effectifs conséquents.

* Avant propos :
   La mort donne la vie. Cette loi règle la totalité du règne animal. Chaque étage de la vie nourrit celle du dessus. L'étage final en retournant à la terre alimente à nou-veau la chaîne. Monsieur Lavoisier a simplifié le processus en affirmant que "Rien ne se créer, rien ne se perd, tout se transforme".
   Le roi des prédateurs après l'homme dans le règne sauvage naturelle, c'est le lion. Sa prédation qui consiste à attraper, maitriser, tuer et enfin consommer principale-ment des herbivores peut paraître d'une sauvagerie inouïe. La prédation a cependant une action salvatrice envers la race des "victimes" en retirant les plus faibles.
   Comme le lion, l'homme prédateur pour entretenir une bonne santé, a besoin d'une alimentation la plus variée possible pour assurer sa subsistance. L’actualité ou les rythmes de la vie contrarient la qualité des menus alimentaires lui pose une série de problèmes graves. Le lion fait pareil. Dans le gnou chassé, il commence par les vis-cères dont il consomme intégralement le contenant et le contenu. Les gigots viennent au menu final.
   L'homme qui est un hyperprédateur à besoin pour assurer sa survie et sa bonne santé de manger équilibré. La vie moderne et les modifications d’activités lui a ap-porté des modifications dans l’utilisation de ses revenus. Les coûts d’acquisition de matériels manufacturés ont supplanté et ont grandement diminué le budget consa-cré à l’alimentation. La disparition de la ménagère remplacée par la femme au travail a supprimé une transformatrice des denrées alimentaires à la maison. La viande vite cuite a supplanté les morceaux mijotés. La viande de cheval correspond parfaitement à une alimentation plus pauvre en graisses. Pour son malheur elle fait l’objet d’une critique éhontée sans justification, mais pas sans efficacité par des officines de mauvais aloi.
   La faible vente ne permet pas de lancer des publicités efficaces. Il nous reste cependant à conserver cette production en combattant les idées tordues d’un côté et un aveuglement et silence de l’autre. Pour bien organiser, il faut bien connaître ce que l’on souhaite améliorer. Là est l’intérêt général et encore plus l’intérêt du cheval de trait dont c’est le seul revenu.
   La réflexion vers l'avenir doit prendre en compte une présence humaine supplémentaire d'un tiers. Ce qui est énorme. Les zones de cultures vont donc diminuer pour pouvoir loger les habitants supplémentaires.
   La gestion des zones agricoles restantes va donc demander deux efforts extraordinaires, produire mieux et plus. Une troisième condition s'y rajoute, le budget ali-mentaire moderne est en constante diminution. Donc la future production devra coûter encore moins cher. Cette spirale infernale ne fait pas l’affaire du paysan afri-cain. Ses capacités techniques et les évolutions différentes des sols cultivés (latérifications, etc...) posent une série de problèmes qui ne sont pas résolus.
   La conclusion est bien simple : il faut mieux utiliser l'existant.
   La diversification des herbivores domestiques a deux grandes activités. Ils permettent une exploitation rationnelle des espaces verts. On vient de très loin admirer la qualité de nos espaces verts campagnards. Ils participent à une alimentation de qualité et équilibrée. Pour cela il faut refréner les appétits financiers sans retenues de monsieur Leclerc et ses collègues. Et surtout éduquer ses clients. Une exploitation des espaces par une seule catégorie d'herbivore va induire un grave déséquilibre de la végétation. La mono présence du mouton dans les hauteurs des Alpes du Sud, induis des zones sursaturées ou l'herbe n'a plus le temps de repousser et de se re-produire. Cela aboutit à une désertification par l'érosion.
   Il y a formation de ronciers, là où le mouton n'apprécie pas la végétation.
   Le passage raisonné des ovins, bovins et équins permet une exploitation plus douce et respectueuse de la vie des plantes. En étant organisée, elle finira par être plus rémunératrice.
   Il faut donc conserver et améliorer les races idoines des diverses catégories pour pourvoir à ces techniques conservatoires.
Cerise sur le gâteau, certaines races montagnardes trouveront par là matière à se développer. La Prim'Holstein est d’office éliminée. Elle n'a aucune qualité monta-gnarde.
   Certains chevaux de trait et autre (Pottok, Cheval d’Auvergne, etc...) ont toutes leurs places dans cet ensemble.
   C'est pour cela et bien d’autres choses qu'il est regrettable de constater une large séparation entre les producteurs bovins, ovins et surtout équins lourds. Ils vont avoir dans l'avenir du vivant un rôle commun prééminent.
   Actuellement une redistribution des rôles induit une crise. Notre pays dispose d’immenses capacités à pouvoir, après une période difficile, à en ressortir avec des capacités adaptées. Il faut conserver l’acquis même au niveau du cheval de trait.
   La production bouchère est un débouché essentiel et obligatoire pour ces trois catégories d'animaux domestiques (et bien d'autres).
   Cette réalité est énergiquement et brutalement combattue par des idéologies inconséquentes et suicidaires. Elles se cachent derrière une perfide attitude reposant sur un supposé « bon cœur ». Les éleveurs de chevaux de trait disposent tous des mêmes capacités à s’émouvoir. Ils aiment leurs animaux. Certains élèvent des chevaux de trait uniquement par sentiments et le plaisir de les voir et de les soigner. Ce n'est pas rare. Votre rédacteur éprouve un plaisir semblable en allant les voir.
   La meilleure façon de lutter contre l'obscurantisme suicidaire est de présenter toute la vérité qui seule permet d'alimenter un jugement sain.
   En prime, nous assurons l'avenir du cheval de trait qui n'a que cette ressource pour survivre. Le reste est économiquement inconsistant.
   Sous la pression du "toujours moins cher" nos volailles régionales ont pratiquement disparu et beaucoup d'autres espèces aussi. Des associations comme F.E.R.M.E. s’emploient à corriger cet abandon. L'intérêt autre que la viande est une capacité supplémentaire pour faire survivre nos gros.
   Il est donc vital pour l'avenir de l'homme de maintenir voir d'améliorer le contrôle d'une diversité animale qui va vivre en lui fournissant le couvert.
   Si l'animal ne participe pas à l'alimentation sont rôle devient inutile puisque sa production n'assure plus sa subsistance économique. C'est ce qui est arrivé à un cer-tain nombre de nos races à poils et à plumes qui étaient parfaitement acclimatées aux régions ou elles étaient élevées depuis longtemps.
   La monoproduction d'une seule race de porc, de vache à lait, de mouton, etc… parce qu'il est plus productif aboutit à des pratiques de plus en plus chimiques pour le maintenir en bonne santé et propre à être consommé.
   Il faut donc sauvegarder coûte que coûte la plus grande diversité animale à notre service.
   Il faut être conscient que l'humanité va devoir faire face à une augmentation de population d'un tiers sou 50 ans.
   Il faut donc consommer nos poules, porcs, bœufs, chevaux, etc… De nombreuses recettes rendent en France cette opération très conviviale et très agréable.
   À table !


   Le trait Comtois présente un physique opposé au trait Breton. C’est pourtant le champion des chevaux bouchers. Sa proportion viande/os
est particulièrement favorable. Son faible poids permet une utilisation au travail évidente. Cela n’a pas échappé à ses gestionnaires qui ont lancé
un programme de développement et de sélection de chevaux adaptés au travail. Cette double capacité justifie des effectifs largement en tête
 des élevages de chevaux de trait français.

 

* Hippophagie :
   La boucherie chevaline et la production de la viande de cheval sont une activité discrète de faible importance qui reste bien mystérieuse en France.
   La plus grande partie de la viande rouge est importée. L'indispensable production bouchère du cheval de trait est exportée. Sa commercialisation est nécessaire au maintien actuel et à l'avenir de l'élevage des races de chevaux de trait. C'est son seul débouché commercial permanent.
   Certaines qualités sont importées depuis diverses régions : Europe Centrale, Grande-Bretagne, Amérique du Nord et du Sud. L'essentiel de la production de la viande de cheval de trait française est exporté vers l'Italie.
   Certains demandent la fin des importations pour la remplacer par la production française, principalement par la viande produite par les chevaux de trait. Cette in-conséquence est suicidaire et déclenchera l'arrêt total de la consommation de cette viande en France et la perte définitive des neuf races de chevaux de trait encore élevés chez nous. Brigitte Bardot aura gagné sans combattre.
   Cet article a pour but de vous apporter une information exacte sur les réalités de cette production.
   La rubrique suivante qui reprend un article proposé par le quotidien "La Voix du Nord" reflète bien un circuit de production-importation de qualité de la viande rou-ge de cheval, la seule. Cette viande rouge correspond exactement aux qualités reconnues à la viande de cheval. Elle est peu grasse. La graisse est persillée (incluse dans la masse) qui est un excellent support du goût. Aucune autre qualité ne peut apporter tout cet ensemble de bienfaits gastronomiques. Elle se reflète depuis le sim-ple bifteck cuit au beurre ou grillé et surtout jusqu'aux charcuteries diverses et gouteuses.
   De plus cette viande correspond pratiquement à tout ce qui est souhaité pour une alimentation équilibrée grasse moderne.

* La viande de cheval, le fer de lance d'Henri-Bernard Huchin (mercredi 17.11.2010, 05:06 - La Voix du Nord)
   Huchin-Prince, un nom bien connu à Calais. Chaque quartier ou presque de la ville compte sa chevaline. Sur les marchés, les camions frigorifiques de l'enseigne vendent les fameux saucissons de cheval. Derrière ce nom de famille, il y a un visage, celui d'Henri-Bernard Huchin. Ce Coulonnois d'origine a bâti un petit empire qui emploie aujourd'hui plus de 120 personnes. Ariane Delepierre, Calais@lavoixdunord.fr
   Henri-Bernard est l'héritier d'une famille de commerçants coulonnois présente à Coulogne depuis cent ans. C'est après la Première Guerre mondiale que ses grands-parents ouvraient une épicerie rue des Hauts-Champs. « On y trouvait de tout : des souliers, des blouses d'écolier, de la charcuterie, de l'essence et même de la mou-ture pour les cochons ! », confie le descendant. Mais c'est son paternel qui montre la voie en se lançant dans le négoce de la viande. Il ouvre sa première boucherie rue des Hauts-Champs. La boutique, aujourd'hui tenue par Pierre, frère d'Henri-Bernard, a toujours pignon sur rue.
   Certificat d'études en poche, Henri-Bernard apprend le métier en maniant le couteau dès l'âge de 15 ans, avec son père. Quelques années plus tard, « le 3 janvier 1966 », il ou-vre sa première boucherie-charcuterie-chevaline, avec son épouse Danièle Prince, chemin des Régniers, à Coulogne. L'entreprise Huchin-Prince est née. Rapidement, la maison se spécialise dans la viande de cheval, moins chère que le boeuf et très prisée par la population locale. « Et de bonne qualité. Un steak haché de cheval est toujours plus tendre qu'un steak haché de boeuf », explique le professionnel. « Ce n'est pas une viande fabriquée. Contrairement aux porcs ou aux poulets, on n'élève pas le cheval pour sa viande. La viande de cheval est âgée au minimum de 12 ans. Il faut que le muscle travaille, s'oxygène pour qu'il soit de quali-té. » Henri-Bernard va chercher les carcasses exclusivement en Angleterre, dans le Devon. « Je vais là-bas non pas parce que c'est tout près de chez moi, mais parce que la viande est exceptionnelle. » C'est sa passion pour les camions qui conduit ce grand gaillard, aujourd'hui âgé de 66 ans, sur les marchés. « J'ai toujours mon pre-mier camion, un HY de Citroën. Il ne roule plus, mais je le garde », confie le patron qui se souvient bien de son premier marché. « C'était à Audruicq, le 10 avril 1974. » Aujourd'hui, les camions blancs Huchin-Prince sillonnent toute la région, de Bray-Dunes à Étaples jusqu'à Arras et Lille.
   Il y a quelques semaines, Henri-Bernard a réalisé un rêve qui lui tenait à coeur depuis longtemps : il a racheté le long de la RN 43, dans la zone d'activités des Hauts-Champs à Coulogne, le site de Norbert-Dentressangle. Ceux-là mêmes qui trente ans auparavant lui étaient passés sous le nez.

* Un sujet tabou :
   La boucherie chevaline comme la boucherie bovine voient les boutiques de ses artisans se raréfier; Le métier n'attire plus la jeunesse. Les amateurs d'une gastrono-mie française naturelle, régionale et familiale ont de plus en plus de difficultés à trouver les qualités qui correspondent et qui seules peuvent convenir à la préparation des plats d'une cuisine variée et traditionnelle.
   Cette pratique était transmise et améliorée de génération en génération et régalait, les grands-parents, les parents et leurs progénitures à la table familiale.
   Tout cela a pratiquement disparu. L'ensemble est maintenant remplacé par une production normalisée dont la philosophie est de coûter le moins cher possible et de cuire rapidement.
   Elle est disponible en des lieux centralisés (grandes surfaces) accessibles uniquement avec la peu économique voiture. Les quartiers des villes ont vu le commerce de proximité se raréfier et disparaître.
   Une philosophie violente imposée par une minorité peu éduquée cherche à imposer l'arrêt de la consommation de la viande en général.
   Elle commence ses destructions par la viande de cheval. Ceci a fait l'objet dans le passé d'un ensemble de discriminations pseudo religieuses entre autres. Cette atti-tude a disparu depuis, mais il en persiste un souvenir lattant qui est mis à profit par des groupuscules violents pour en imposer l'arrêt de la consommation.

* Boucherie hippophagique = chevaux de trait en Italie mais pas ou peu en France :
   L'élevage du cheval de trait pour la production de la viande est globalement et pour longtemps encore son seul débouché économique conséquent.
   Actuellement, les mâles qui ne sont pas sélectionnés pour la reproduction partent à la boucherie avant de fêter leur premier anniversaire.
   Les races "bouchères" comme le Comtois ou le Breton y trouvent des revenus qui permettent d'entretenir un nombre de chevaux encore conséquent.
   La production de la viande est indispensable pour le cheval de trait puisque c'est son seul débouché économique. On n'a pas vraiment cherché d'autres activités qui nécessitent une mise en œuvre plus longue et plus complexe et qui pourrait être plus rémunératrice.
   Le trait Comtois en est un exemple concret. Cette race produit une carcasse dont la proportion viande/os est économiquement intéressante.
   La production bouchère du cheval de trait français est essentiellement exportée vers l'Italie. Les consommateurs de ce pays aiment la viande blanche (rose) de pou-lain.
   La France consomme peu de viande de cheval de trait. Les étals des boucheries chevalines qui existent encore proposent essentiellement les viandes rouges adultes ayant pour origines les races légères de réformes. Cette qualité est importée depuis des pays du centre de l'Europe, des U.S.A. et surtout d'Argentine.
   Sans explications, ce tour de passe-passe dans les circuits de la viande chevaline française est incompréhensible. Elle est simplement dictée par les goûts différents des consommateurs français et italiens.
   Les importations en provenance de l'étranger ne concurrencent en rien la production française. La supprimer équivaut à suicider la totalité de la consommation bou-chère équine française.

* Le modèle boucher bovins :
   Pour améliorer les rendements, certaines races de chevaux de trait qui disposaient déjà d'une proportion os/viande favorable ont subi une longue série de modifica-tions pour en augmenter encore plus la proportion de viande par rapport à la charpente osseuse.
   Ce processus a déjà été appliqué et parfaitement réussi avec les races de bovins élevées pour la viande.
   Nos races Charolais, Limousin, Blondes des Pyrénées sont renommées en France et dans le monde entier pour leurs qualités bouchères.
   L’augmentation des volumes musculaires n’a pas induit une perte de qualité sensible de la viande. Une petite perte de finesse a pu cependant être constatée.

* Résultats de l'alourdissement du cheval de trait :
   Les goûts et habitudes des consommateurs français de viandes bovines accordent une large préférence à la viande rouge, adulte. Elle est bien conformée, de bonne tenue et d'une couleur appétissante.
   La viande obtenue à partir d’une carcasse de cheval de trait lourd adulte ne correspond pas du tout à l'ensemble de ces qualités. Elle est flasque, sans aucune tenue, d’une couleur foncée peu attrayante et sa mollesse la rend difficile à travailler. C’est très ennuyeux pour la gastronomie qui nécessite une présentation attrayante et du gout.
   Pour contourner cet écueil, on raccourcit la durée de l’élevage pour abattre les traits quand ils sont encore jeunes, avant leur première année.
   La viande rose du poulain ne dispose d'aucune des qualités reconnues à la viande adulte qui est commercialisée.
   Elle est pauvre en gras et elle n'est pas du tout persillée. Beaucoup plus grave, elle est privée des saveurs habituelles de la viande de cheval.
   La viande jeune du Trait du Nord et du trait Boulonnais est proposée sous le label : "Poulain du Nord".

* Gastronomie de la viande de poulain :
   La gastronomie française peut fort bien accommoder un produit qui ne possède pas par lui même des saveurs caractéristiques. Tester les cuisses de grenouilles ou les escargots sans leurs sauces respectives.
   La viande de poulain pourrait faire l'objet d'un accompagnement corrigeant un manque des saveurs des produits adultes.
   Les générations de consommateurs n'ont pas les mêmes réactions en présence des saveurs de nos produits traditionnels ou importés.
   Un client de la pseudo restauration américaine n'aura pas la même réaction.

* La gastronomie = Art de la bonne chère :
   Notre cuisine ne manque pas de plat ou la matière principale présente un défaut de goût personnalisé.
   Essayez de consommer des escarbots sans sauce à l'ail ou des cuisses de grenouilles sans leurs sauces.
   Un chef ou un cuistot averti quand il doit mettre en valeur un met peu parfumé, cherche un accompagnement qui va compenser le manque d'arome. Il se plonge dans son livre de cuisine pour y trouver un jeu de sauces bien relevées.
   Sauce au Porto, sauce rémoulade, sauce bourguignonne, sauce chasseur, mayonnaise, sauce aux cornichons, sauce aux champignons, sauce à la moutarde, sauce au poivre, sauce époisses, sauce au Roquefort, etc...
   Et tous les morceaux durs à cuire avec du vin, bières et autres...

* Intérêt & commerce :
   Relancer la vente de la viande de poulain est une commercialisation courte. C'est un stockage de moins d'un an. Elle n'est pas non plus extrêmement rémunératrice.
   L'élevage pour une production d'équitation, traction, etc… va demander un temps de mise à disposition beaucoup plus important.
   On consomme un être jeune. On ne peut pas le faire travailler au même âge.
   On peut débuter un travail d'une durée raccourcie de traction avant l'âge adulte. C'est vers 6/7 ans que l'on pourra sans crainte monter et rester pendant une longue période sur le dos d'un cheval.
   Pour travailler et donner satisfaction, il faut concevoir, multiplier et commercialiser des machines nécessaires à ses activités.
   Le manque d'élevages disposant d'un format plus rentable est le point de départ d'un prix trop élevé.
   Pour réussir, il est indispensable de créer ou d'utiliser un processus de conception, formation et commercialisation adapté à la vente.
   L'absence de toute ambition vers l'action commerciale va étouffer toute velléité de vente régulière.
  On peut éventuellement sous-traiter une activité commerciale vers des établissements commerciaux ouverts aux publics qui pourraient tirer un profit d'une organisa-tion inhabituelle.

* Conclusion :
   L'élevage et ses dérivés nécessitent une gestion à courte et a longues échéances.
   Les concours assurent la promotion arbitraire des reproducteurs les plus lourds et volumineux au détriment de tous les autres formats.

Les concours devront rapidement s'adapter
   Vous pouvez lire un très intéressant rapport d'INTERBEV sur l'internet : http://www.interbev.fr/fileadmin/docs/vc-5-la-viande-chevaline-en-france.pdf
   Si par hasard, les fossoyeurs des races animales domestiques disposent des solutions ad ok pour assurer la sauvegarde de nos gros, nous sommes à l'écoute.
   Solutions qui excluent nos impôts comme sources de financement.

(1) Cette vieille personne aigrie, imbue de pseudo bons sentiments et amie des animaux devrait étudier la psychologie des chats. Elle héberge chez elle une véritable ménagerie de petits félins. Madame Bardot fait preuve d'un épouvantable égoïsme en faisant survivre chez elle une nombreuse collectivité de matous. Ces petits félins sont des individualistes forcenés. Leurs rares rencontres se passent mal. Mimiques, ronflements, souffles et agressions sont mis en œuvre. Les rapprochements des mâles et des femelles se terminent également très souvent dans la violence.
   La promiscuité contrainte chez les félins dégénère en violence ou par une ignorance feinte les uns par rapport aux autres. Au moment du nourrissage, l'ordre de do-minance toujours basée sur la violence s'établit et ordonne l'ordre de présentation à la gamelle.
   L'homme n'est pas toujours un animal très sympathique. Il dispose cependant de bons côtés. Certains s'évertuent à prolonger la vie de certaines espèces domesti-ques qui autrement auraient disparu. D'autres font carrière dans la critique stérile. Il est très facile de lancer l'anathème et bien difficile d'organiser une sauvegarde constructive.

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* Assemblée Générale 2012 du trait Comtois :
Au-delà de cette réorganisation politique, notre filière se trouve devant un problème énorme de marché. Notre débouché principal, la viande pose de gros problèmes. Cette production se trouve dans une situation de concurrence mondiale et n’est en aucune manière soutenue comme peuvent être d’autres productions.
Notre marché principal pour la viande est l’Italie. Avec une population inférieure à celle de la France le tonnage consommé y est le double de celui de notre pays. Qualitativement : la viande issue d’animaux de races lourdes abattu précocement y est particulièrement recherché, alors qu’elle est boudée par la filière française, il en est de même des juments de réforme. Mais les italiens recherchent des animaux finis, c’est-à-dire très gras. Ces animaux sont recherchés toute l’année, est-ce réellement ce que nous sommes capables de mettre en marché. Des chevaux français représentant 7% des importations de viande italienne et 10 % de ses importations de chevaux vivants et nous nous trouvons en position de petits fournisseurs dans le pays qui est notre propre client.
Le prix des chevaux français en rapport à leur qualité sont inférieurs aux prix des animaux polonais ou espagnol. Le fait de ne plus travailler avec des opérateurs solvables à augmenter le niveau d’exigence.
Au niveau national, il semble que nos produits soient inadaptés aux marchés. Le consommateur souhaiterait une viande rouge et peu grasses fournis par la réforme des chevaux de sang ou des courses. Ces viandes, outre leur qualité, sont proposées à des prix nettement inférieurs à nos coûts de revient.
Sur le marché de l’utilisation, nous avons contribués de façon importante à l’essor de toutes les formes d’utilisation moderne qui se développe aujourd’hui.


Si vous aimez le cheval de trait, mangez-en.
 

lundi 12 mai 2014