Trait du Nord
2013 2014

 

L'Union - l'Ardennais - Le Trait du Nord en danger ? 24/11/2013 Michel Mainnevret
   HIRSON (02). Heureusement qu’il reste quelques éleveurs passionnés qui tentent de sauver le Trait du Nord. Dont André Bar. Témoignage.
Victoire de Beaucamp. Elle représentait la Thiérache au salon de l’Agriculture.
   Trait du Nord, pour combien de temps encore ? Ce n’est pas l’euphorie du côté des amoureux de ces masses de muscles. Cela n’a d’ailleurs jamais été l’euphorie, car les éleveurs, tous hommes d’expérience et imprégnés de la prudence qu’imposent les valeurs de la terre, sont lucides sur les limites de leur passion.
   La vitrine du cheval de trait, attraction de la Sainte-Catherine de ce samedi à Hirson, se réduit d’année en année. Hier, on comptait une dizaine d’équidés autour de l’ancienne église Sainte-Thérèse.

À 73 ans, André Bar, président du syndicat du Trait du Nord, n’a pas de mal à recenser les effectifs…
   « De vrais Trait du Nord, on en compte une vingtaine en Thiérache, mais un peu plus en Thiérache du Nord », comptabilise l’éleveur de Fesmy-le-Sart, une référence dans la région.
   Une petite lueur d’espoir cependant : « Il y a une subvention de 500 € pour un poulain, versée par le conseil général. Dans le Nord, cette subvention existait déjà ».
   Une aide basée sur la préservation de la biodiversité des espèces, qui permet, toujours selon les mots d’André Bar, « d’être moins découragés ».
   Le cheval de trait, c’est donc d’abord une passion. Une passion exigeante, car la masse de presque une tonne ne peut se contenter d’un coin de jardin pour brouter… Comptez un hectare pour un cheval, avec foin à volonté.

Caresses
   Très récent acheteur, Jean-Bernard Lambert, de Sons-et-Ronchères, témoigne qu’André Bar ne vend pas un cheval au premier venu…
   Après plusieurs visites dans la ferme du Sart, ce jeune axonais a donc déboursé pour une jument, et souhaite à présent la faire travailler à travers une activité de loisirs. C’est là tout le débat. Si ce n’est à recevoir des caresses de la part des petits et des grands le jour de la Sainte-Catherine, ou lors de la foire aux fromages de La Capelle, à quoi sert un cheval de trait ?
   Il y a d’abord le ramassage des ordures ménagères, cela existe, car l’intérêt écologique est réel dans un centre-ville, mais c’est encore très peu développé.
   « Cela peut se faire dans certaines villes, comme à Amiens. Mais il faut plusieurs conditions, prenez La Capelle, ce ne serait pas possible, car il y a la route nationale », nuance André Bar.

Vignes
   Une autre perspective, comme le débardage en forêt, s’avère très compliquée.
   « Il y a aussi l’entretint de la vigne. On en trouve par exemple dans le sud du département », ajoute le président Bar.
   Ce samedi, c’était donc jour de sortie pour tous ces chevaux, et notamment pour Victoire de Beaucamp, appartenant à un boulanger du Nouvion. Lors du dernier salon de l’Agriculture, cette belle femelle Trait du Nord de 5 ans a représenté sa Thiérache natale à la Porte de Versailles.
   Dans les rangs des éleveurs, on en parle encore…
 

 


 

 

samedi 14 décembre 2013